Kévin Campion
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Kévin Campion : “À Parilly, je me faisais emmerder tous les jours”

Le pensionnaire de l’AFA Feyzin Vénissieux vient de prendre une 24e place en 1h21’46” aux championnats du monde de Londres dans l’épreuve du 20 km marche. Une “contre-performance” pour le marcheur né à Vénissieux, qui est parti en Normandie poursuivre sa progression. Entretien.

Lyon Capitale : Dans quel état d'esprit êtes-vous après votre 24e place aux championnats du monde sur le 20 km marche ?

Kévin Campion : Je m'attendais à mieux. Je suis à plus d'une minute de mon record personnel (1h20’28”). Aux championnats de France, j'avais réalisé une bonne performance en 1h21’06” et je l'avais fait sans trop forcer, donc je pouvais espérer mieux à Londres. Mais j'ai été trop gourmand, en suivant le groupe de tête. L'allure était rapide. Deux ou trois secondes de moins par kilomètre que mes temps d'entraînement. C'était un championnat du monde et je me sentais bien, alors j'ai suivi. Et au 12e kilomètre j'ai senti que je ne pouvais plus. J'ai consommé trop d'énergie à rester en tête. Si j'étais resté un peu plus en retrait, dans mes temps, j'aurais peut-être réalisé une meilleure performance.

Cette 24e place est tout de même votre meilleure performance dans les très grosses compétitions (championnats du monde et Jeux olympiques)...

C'est vrai. D'habitude, je m'écroulais complètement, en faisant 1h25 ou 1h26. Mais, à Londres, si j'avais réalisé mon record personnel, je serais autour de la 10e place. C'est de ne pas réaliser mon record personnel qui ne me satisfait pas. 25e, mais avec mon record, ça aurait été mieux.

Qu'avez-vous changé pour ne pas vous écrouler comme auparavant ?

Aujourd'hui, je travaille plus intelligemment et j'ai pris un coach mental. J'ai aussi changé d'entraîneur et changé de lieu d'entraînement en m'installant en Normandie.

Yohann Diniz est devenu champion du monde sur le 50 km marche. Qu'est-ce que cet exploit représente pour vous ?

C'est extraordinaire. Il nous a fait une Diniz. Ce n'est pas un extraterrestre, mais c'est le meilleur du monde.

Cela peut-il changer le regard que l'on porte sur la marche ?

Depuis les titres de champion d'Europe et vice-champion du monde de Yohann, l'attention avait augmenté. Pourtant, aujourd'hui, toutes les instances parlent de supprimer le 50 km marche. Cela fait réagir dans le milieu de l'athlétisme, contrairement au grand public.

La marche est un sport parfois moqué. Sa médaille et son record du monde peuvent-ils changer cette image ?

J'ai connu les moqueries, les emmerdes. Ça a continué pas mal, malgré la médiatisation de Yohann. Aujourd'hui, ça fait quatre ans que je suis en Normandie. Je m'entraîne à la campagne et je croise très peu de monde durant mes entraînements, donc ça n'arrive plus. Il faut aussi dire que la Normandie est une région de marche. Alors qu'à Lyon, quand je m'entraînais à Parilly, je me faisais emmerder tous les jours.

Yohann Diniz est au sommet de son art à 39 ans. Vous en avez 29, vos beaux jours sont devant vous ?

C'est un sport d'endurance, comme le marathon et le semi-marathon, où l'on arrive en grande forme autour de 30 ans. Si notre hygiène de vie le permet, pourquoi ne pas aller au-delà de 35 ans ? Yohann le montre. Il est irréprochable. Désormais, mes objectifs à court terme, ce sont les championnats d'Europe à Berlin pour bien se placer au niveau européen. Et, à long terme, les Jeux de Tokyo et pourquoi pas Paris.

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