Eugène N'Zi, le gone du LOU

Il est originaire du quartier Mermoz (Lyon 8e) et évolue au poste de 3e ligne au LOU depuis quatorze ans. Eugène N'Zi portera haut et fort les couleurs lyonnaises en Top 14.

Ce gaillard de 1,87 mètre et de 92 kilos est l’incarnation de la joie de vivre. Pas un instant où il n’a pas le sourire. Et pourtant, sur un terrain, Eugène N’Zi n’est pas un enfant de chœur. “On va me prendre pour un fou, mais j’aime beaucoup les placages et les contacts. Dès que je n’en fais pas beaucoup, je ne suis pas content. J’ai l’impression que j’ai servi à rien du tout”, raconte-t-il avec entrain. Depuis ses débuts au LOU, à l’âge de 9 ans, sous l’impulsion de Jean-Henri Tubert, le gone de Mermoz a réussi à devenir l’un des piliers d’une équipe lyonnaise qui a accédé en mai dernier au Top 14.

Et pourtant, N’Zi le reconnaît volontiers, il n’aurait jamais imaginé une seconde épouser une carrière de rugbyman professionnel. “A la base, comme de nombreux jeunes du quartier, j’ai joué au football, notamment au club de l'ES Trinité, se remémore-t-il. A cette époque, j’étais très mince. Mais je n’avais pas peur du contact, je fonçais sur mes adversaires et je n’arrêtais pas de prendre des cartons. J’ai vite compris que ce sport n’était pas fait pour moi”, lâche-t-il, hilare. Il choisit donc le rugby. Même si, dans son entourage, son choix prête à discussion. On n’est pas loin du choc des cultures. “Mes parents n’aimaient pas trop le rugby. Dans leur culture, ce sport était inconnu et surtout dangereux”, confie-t-il.

Viscéralement attaché à Mermoz

Issu d’une famille nombreuse – il a quatre sœurs et cinq frères –, Eugène N'Zi mesure le chemin parcouru, tout en indiquant vouloir conserver le même état d’esprit qu’à ses débuts dans l’univers de l'ovalie : “J’aime ce sport car il y a une mentalité particulière, celle de la camaraderie et du partage. Même si je suis devenu professionnel et que, par la force des choses, c’est devenu plus sérieux, je n’ai nullement l’intention de me prendre pour un autre”, prévient-il.

Conscient de sa chance – “je peux vivre de ma passion” –, Eugène N'Zi, qui réside du côté de Décines, revient très souvent dans le quartier de Mermoz, auquel il reste très attaché. “J’y retourne souvent, pour y faire quelques représentations. Les habitants m’encouragent sans cesse, soupire-t-il. Il y a de nombreux sportifs de haut niveau qui viennent de Mermoz. Les deux jeunes footballeurs de l’OL Saïd Mehamha et Alexandre Lacazette. Il y a également Brahim Zaibat (jeune danseur des Pockemon Crew) et maintenant, je crois qu’on peut l’annoncer, il y a Eugène N’Zi du LOU”, dit-il en éclatant de rire. Et de poursuivre : “Cela démontre que ce quartier ne ressemble pas à l’image que certains veulent bien lui donner. Sincèrement, Mermoz, ce n’est pas un quartier comme les autres. C’est une grande famille ! Il y a une grosse solidarité entre toutes les familles.”

Eugène N'Zi, dont le contrat au LOU court jusqu’en 2013, entend bien perdurer au plus haut niveau avec le club de son cœur. “Je n’arrive pas encore à réaliser que je vais jouer en Top 14 ! C’est magnifique. On va affronter de grosses écuries, de grands joueurs...” Et de conclure, toujours avec un grand sourire : “Il n’y a pas de raison que je change de club. Je suis très bien ici ! Et puis, je ne suis pas un mercenaire. Je suis fier d’être lyonnais et de représenter les couleurs lyonnaises au sein du LOU !”

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