Cris : "Claude Puel a changé"

Interview.

De notre envoyé spécial à Tignes

Cris, comment se passe ce stage à Tignes ?
Tout va bien même si c'est dur. Je me suis fait mal aux mains en tombant d'un vélo mais rien de bien grave. En France la préparation est complétement différente du Brésil. Là-bas, on ne fait pas du vélo et du ski. Ce n'est pas mon premier stage et pourtant c'est toujours aussi difficile.

Comment vous sentez-vous physiquement ?
Pendant mes vacances, j'ai bien travaillé. Je me suis entraîné tous les matins. Je me sens super bien. Les sensations sont complètement différentes par rapport à la saison dernière.

Pourtant on vous a vu souffrir lors de la reprise à Tola-Vologe...
Non, mais là c'était à cause de mon voyage en avion. Je revenais tout juste du Brésil (rires).

Lors de l'intersaison, le club a perdu Juninho et Karim Benzema. Etes-vous inquiet ?
C'est vrai qu'on a perdu un joueur expérimenté, un leader avec le départ de Juninho et un grand buteur avec celui de Karim (Benzema). Mais ça fait partie de la vie du foot. Karim ne pouvait pas refuser cette proposition du Real Madrid et Juninho avait envie de changer d'air, de voir autre chose. C'est une grosse perte mais je crois en mon équipe. Je sais de quoi nous sommes capables. Il y a dans ce groupe des joueurs de qualité.

Vous avez été surpris par le départ de Karim Benzema ?
Non, je savais qu'il allait partir, j'en étais sûr. C'était écrit. Tu ne peux pas empêcher un jeune joueur d'aller jouer au Real Madrid. C'est impossible.

Il n'y a plus beaucoup de brésiliens à l'OL ?
Effectivement, il reste Eder et moi. Et encore Ederson est presque français (rires). Franchement, cela ne me dérange pas.

Il y a peut-être un brésilien qui va signer à l'OL, c'est Kleber qui évolue à Cruzeiro. Est-ce que vous le connaissez ?
Non, mais j'ai déjà joué contre lui. Ce que je sais, c'est que c'est un guerrier. Il est petit de taille mais va vite vers l'avant.

Et Lisandro Lopez...
Je l'ai vu jouer à la télé car à la maison j'ai la chaîne portugaise (sourire).

Pensez-vous que l'OL doit recruter ?
Oui, bien sûr. On a déjà un groupe fort mais on sait aussi qu'on besoin de deux ou trois renforts. On doit faire confiance aux dirigeants et ne pas trop se préoccuper de ce qui se trame au niveau du recrutement. Si un ou plusieurs joueurs nous rejoignent c'est bien pour Lyon, si ce n'est pas le cas, on a déjà une grosse équipe.

Avec l'équipe actuelle vous pensez que l'OL peut être champion. Vous le pensez vraiment ?
Oui, je le pense. On a des joueurs de qualité et si tout le monde joue ensemble, on a le potentiel pour réussir une bonne saison. On le voit depuis la reprise, il y a de l'enthousiasme, une bonne ambiance. Et lorsqu'il y a de la joie, sur le terrain c'est plus facile.

Les dirigeants doivent-ils recruter un leader de vestiaire ?
Non, pas spécialement. A Lyon, il y a déjà beaucoup de leaders. Il y a Boumsong, Govou, Toulalan...bon c'est vrai que Jérémy parle pas beaucoup mais il fait des efforts (sourire). Si un joueur doit nous rejoindre ce qu'il faut avant tout c'est qu'il soit bon et qu'il puisse nous aider à gagner.

Avec le départ de Juninho, le brassard de capitaine vous revient naturellement...
Oui, bien sûr. L'année dernière, j'étais vice-capitaine. Pour moi, le plus important, c'est de jouer. Si le coach me désigne capitaine, je vais tout faire pour honorer cette mission mais s'il ne me choisit pas je me comporterai aussi comme un capitaine de l'équipe.

Ce n'est pas une fierté d'être désigné capitaine ?
En 2007, lorsque Alain Perrin était l'entraîneur de l'équipe, il m'avait choisi comme capitaine. J'ai joué deux matches avec le brassard et je me suis blessé. A mon retour dans l'équipe, j'ai eu une discussion avec Alain Perrin et Juninho. Je leur ai dit que je préférais que ça soit Juni qui reste capitaine car il le méritait, c'était un leader. Pour être sincère avec vous, être capitaine ne fait pas spécialement partie de mes objectifs.

Lorsque Juninho a pris la décision de quitter Lyon, avez-vous songé a en faire autant ?
Non, pas du tout. Je n'ai jamais eu envie de partir. Bien sûr, le départ de Juninho m'a rendu triste. C'est mon ami, on se voyait beaucoup en dehors des terrains. Nos enfants jouaient souvent ensemble.

Vous êtes donc sûr de rester à l'OL ?
Oui, je suis 100 % lyonnais. Vous avez vu comme on souffre lors ce stage de préparation à Tignes. Et vous pensez que je vais partir. (rires)

On parle souvent de Ederson comme le sucesseur de Juninho. Qu'en pensez-vous ?
Ce sont deux joueurs aux styles différents. Ederson ne joue pas dans le même registre, il est plus costaud. Juni, il était malin. Je pense que Eder peut devenir un leader et s'imposer à Lyon. Mais il ne faut surtout pas comparer Ederson à Juninho.

Cette saison, vous n'avez pas le droit à l'erreur, il faut remporter un huitième titre...
Il faut surtout être opérationnel dès le mois d'août avec la reprise du championnat et la Ligue des Champions. Il faut commencer fort, être à 110 % car on sait que cette saison va être difficile.

Avec du recul, avez-vous compris pourquoi l'équipe s'était écroulée la saison dernière ?
Il y a eu un problème entre nous et on ne l'a pas réglé. On a laissé pourrir la situation. Le coach est venu avec sa façon de de travailler, il a tout changé. Et certains joueurs ne l'ont pas accepté. Mais dans tous les clubs c'est la même chose, chaque entraîneur a sa façon de voir les choses. Ceci dit, c'est du passé. Depuis la reprise, ça se passe bien, tout le monde joue le jeu. Même le coach a changé. On découvre un nouveau Claude. Il rigole, il nous raconte des blagues.

Vous parlez bien de Claude Puel ?
Je vous assure (rires). Peut-être qu'il ne se lâche pas encore avec les journalistes mais avec nous, il est différent, plus décontracté...

Propos recueillis par Razik Brikh

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