Régionales : Najat Vallaud-Belkacem superstar du meeting de Queyranne

Ce mercredi soir, Jean-Jack Queyranne tenait son dernier grand meeting dans le Rhône avant le premier tour des élections régionales. Entre propositions et attaque de ses adversaires de droite, le candidat du Parti socialiste a été quelque peu éclipsé par la venue de la présidente de son comité de soutien : Najat Vallaud-Belkacem.

Thierry Braillard, Najat Vallaud-Belkacem et Jean-Jack Queyranne – meeting de campagne pour les élections régionales, le 2 décembre 2015, au Transbordeur © Tim Douet

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Thierry Braillard, Najat Vallaud-Belkacem et Jean-Jack Queyranne, le 2/12/2015 au Transbordeur.

Les deux favoris des élections régionales 2015 tenaient meeting ce mercredi à 500 mètres l'un de l'autre à vol d'oiseau. Laurent Wauquiez avait choisi le cossu amphithéâtre 3000 (lire ici) alors que Queyranne optait pour le Transbordeur, où il avait déjà fait des meetings durant ses campagnes de 2004 et de 2010. Superstition. Pour son dernier grand meeting lyonnais, Jean-Jack Queyranne était entouré des trois ministres de la région : André Vallini, Thierry Braillard et Najat Vallaud-Belkacem.

Ce mercredi soir, la star devait être Jean-Jack Queyranne. Fendant la foule, il a laissé derrière lui les trois ministres pour monter seul sur scène et recevoir l'acclamation des 1000 personnes présentes dans la salle.

André Vallini fut le premier à s'exprimer et à lancer les hostilités contre les autres candidats. "C'est la gauche qui a voulu cette grande région. La droite a voté contre. Alors peut-elle vraiment la diriger ?" a questionné le secrétaire d’État chargé de la réforme territoriale, avant de revenir sur les valeurs de la gauche et la véritable signification du passage "Qu'un sang impur abreuve nos sillons" de La Marseillaise. L'occasion pour le public d'entonner une première fois l'hymne national.

Najat Vallaud-Belkacem

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Najat Vallaud-Belkacem

“Avec sa parka rouge, il a les idées bleues, mais bleu tendance bleu Marine”

Thierry Braillard fut moins philosophe, mais plus offensif à l'encontre de Laurent Wauquiez. "Laurent Wauquiez nationalise la campagne pour masquer la vacuité de son programme", a entamé le secrétaire d'Etat chargé des sports. Dans son argumentaire, il a fustigé le rapprochement entre le candidat LR et le FN : "Avec sa parka rouge, il a les idées bleues, mais bleu tendance bleu Marine."

C'était alors le tour de Najat Vallaud-Belkacem. Accueillie par une standing ovation du public, la ministre de l'Éducation était attendue par les militants. Les appareils photo sortent et mitraillent. Tout le monde veut la photo de la ministre, qui au même moment est huée par l’auditoire de Laurent Wauquiez.

Présidente du comité de soutien de Jean-Jack Queyranne, Najat Vallaud-Belkacem s'est d'abord attaquée à Laurent Wauquiez en le qualifiant de "clone de Charles Millon en plus jeune". "Il faut rappeler que gauche et droite ce n'est pas pareil", a poursuivi celle que les militants appellent familièrement "Najat". "C’est un scrutin historique, par ses enjeux et par la taille du territoire concerné. La victoire est à portée de main. Ça se jouera à rien", a-t-elle conclu. Nouvelle ovation d'une salle totalement acquise à la cause de celle qui ressemble alors de plus en plus à la véritable star de la soirée. Mais place à Jean-Jack Queyranne.

Jean-Jack Queyranne

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Jean-Jack Queyranne

“M. Wauquiez n’est pas un “nouveau souffle” pour la région, mais un mauvais vent qu’il faut chasser”

Remerciant d'abord les trois ministres et les députés de la région, le candidat PS a enchaîné ses propositions sur la sécurité, la jeunesse, l'éducation, l'apprentissage, l'aide aux entreprises, la culture, l'environnement, de façon ininterrompue, avant de parler de ses adversaires. Deux adversaires qu'il a qualifiés d'extrême droite et de droite extrême.

Le premier, Christophe Boudot, “l’extrême droite”, est qualifié de "FN maquillé, mais qui n'a pas changé". Quant au second, Laurent Wauquiez, “la droite extrême”, Jean-Jack Queyranne critique son narcissisme : "C’est un candidat accro à la communication qui a transformé sa profession de foi en roman photo, exhibant avec une pudeur très sarkozyste sa vie privée." "M. Wauquiez n'est pas un “nouveau souffle” pour la région, mais un mauvais vent qu'il faut chasser", a conclu le président sortant du conseil régional sous les "On va gagner !" du public.

Nouvelle Marseillaise. Le meeting touche à sa fin. Personne n'était vraiment à convaincre, mais les troupes sont remontées à bloc pour les deux derniers jours de campagne. Seule à l'avant de la scène, Najat Vallaud-Belkacem serre des mains, pose, est cernée par la foule et les militants. Son garde du corps veille au grain tandis que la ministre savoure son bain de foule. Jean-Jack Queyranne, près du pupitre, discute seul avec ses colistiers. Le meeting est terminé.

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