Quid de l'avenir d'Europe Ecologie dans les urnes ?

On ne le sait que trop bien, nombre de sondages sont sujets à caution. Mais certaines études d'opinion valent le détour. Surtout lorsqu'elles sont réalisées sur la durée et qu'elles permettent de répondre avec précision à une légitime interrogation. C'est le cas de celle dévoilée ce mercredi par Opinion Way [2] à quelques journalistes, intitulée : “ Europe Ecologie : électorat volage ou électorat stratège ?“.

Cette étude sans commanditaire a été réalisée à partir du large échantillon de 10 000 électeurs sondés par l'institut pour les européennes de juin dernier. Près de 2000 d'entre eux, identifiés comme des électeurs d'Europe Ecologie [3], ont été interrogés aux mois de janvier et février de cette année. Avec un objectif : savoir si les 16,28 % réalisés par la toute nouvelle formation politique à ces européennes n'étaient qu'un “ one shot “, comme beaucoup l'avaient alors prédit.

Un électorat presque stable

Si les intentions de vote ont connu un effritement au lendemain des européennes, la courbe est pratiquement remontée au même niveau au mois de février, à 14 %. Un chiffre d'autant plus important quand on se souvient que, à la présidentielle de 2007, les écologistes ne recueillaient plus que 2,89 % des suffrages (1,57 % pour Dominique Voynet et 1,32 % pour José Bové).

Un électorat aisé de gauche

Au premier tour en 2007, sur 100, 40 ont voté pour Ségolène Royal, 22 % pour François Bayrou, 19 % pour la gauche non socialiste et 10 % pour Nicolas Sarkozy. Sans surprise, 56 % des électeurs d'Europe Ecologie interrogés se disent donc de gauche et sont plutôt aisés. Mais cela n'est pas sans risque pour Denis Pingaud, vice-président d'Opinion Way :

“ Ce qui constitue une source de fragilité du mouvement est sans doute que ses électeurs sont surreprésentés chez les catégories socioprofessionnelles (CSP)+, catégories qui votent le plus lors des scrutins intermédiaires mais dont le poids relatif diminue considérablement lors de scrutins à très forte participation comme l'élection présidentielle. “

Un second type d'électorat se dégage toutefois : plus jeune, plus populaire et moins identitaire. 15 % se déclarent ainsi ni à gauche ni à droite, dont 20 % ont entre 25 et 24 ans et sont essentiellement composés de CSP-.

Un électorat réformiste

C'est la question qui fait presque l'unanimité : 93 % des électeurs d'Europe Ecologie interrogés affirment être réformistes, dont 70 % très réformistes. Derrière ce chiffre se cachent toutefois certaines réformes souhaitées qui ne sont pas traditionnellement l'apanage de la gauche : ils sont ainsi 52 % à trouver que “ les impôts sont trop lourds en France “ et qu'“ il convient de les diminuer “.

Un électorat stratège

Plus impliqués dans la politique que l'ensemble des Français interrogés (ils sont 52 % à n'avoir confiance “ ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays “ contre 60 %), les électeurs d'Europe Ecologie interrogés démontrent à travers deux questions qu'ils entendent par leur mouvement structurer une nouvelle opposition à Nicolas Sarkozy, alternative à celle actuelle organisée en partis :

1 - 61 % préfèrent rester “ un mouvement autonome qui travaille avec différents partis “ que constituer “ un nouveau parti avec Les Verts “ (30 %).

2 - 58 % (contre 26 %) sont d'accord avec la proposition de Daniel Cohn-Bendit adressée au Parti socialiste de réserver en 2012 cinquante circonscriptions aux écologistes en échange d'un soutien de son candidat au premier tour.

[2] http://www.opinion-way.com/
[3] http://www.rue89.com/tag/europe-ecologie

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