Gilbert-Luc Devinaz (Lyon Capitale)

Loi ELAN : véritable « régression » pour le sénateur de Villeurbanne

Avec la loi ELAN, les personnes en situation de handicap seront-elles reléguées "au rez-de-chaussée, à côté du local poubelle" ? Contrairement à Bruno Bonnell, député LREM de Villeurbanne, le sénateur de la même circonscription Gilbert-Luc Devinaz considère que le projet de loi constitue une véritable "régression".

L’accès au logement pour tous pour les uns, un recul pour les autres. Ce samedi, les députés ont achevé l’examen du projet de loi ELAN (Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique). Cette loi vise à faciliter l’accès aux logements pour les plus fragiles mais son article 18 fait débat, notamment à Villeurbanne où les avis du député LREM Bruno Bonnel et du sénateur PS Gilbert-Luc Devinaz divergent. En effet, l'article dispose que le pourcentage de logements accessibles aux personnes en situation de handicap sera réduit de 100 à 10 %. Pour Bruno Bonnell, cette loi ne va pas pour autant à l’encontre des personnes en situation de handicap étant donné qu’elles représentent moins de 10 % de la population. En revanche, pour Gilbert-Luc Devinaz, il s'agit d'un retour en arrière alors que des efforts importants avaient été faits auparavant pour l’intégration de celles-ci.

Qui paiera pour l'évolutivité des logements ?

Bien que la population ne compte en effet pas 10 % de personnes en situation de handicap, pour le sénateur, n’importe qui peut le devenir à un moment donné. Accident, maladie, vieillesse… Que faire dans un logement inadapté ? Pour Gilbert-Luc Devinaz, deux solutions s’offrent alors : intégrer un EHPAD, ce qui est, selon lui, loin d’être la solution idéale, ou bien faire évoluer son logement. Mais concernant l’évolutivité annoncée par le projet de loi pour les 90 % de logements restants, le sénateur reste dubitatif quant à la prise en charge des coûts engendrés par les travaux nécessaires. "J’ai eu à mettre en œuvre l’accessibilité sur Villeurbanne pour être dans les clous pour 2015, et les coûts étaient importants", se souvient-il. D’après Bruno Bonnell, c’est l’ANAH qui devrait les supporter, mais Gilbert-Luc Devinaz reste sceptique quant au maintien de cette affirmation dans le futur.

"Un recul pour satisfaire les promoteurs "

Le sénateur s’inquiète également de la localisation de ces 10 % de logements adaptés. "Ça m’étonnerait qu’on les mette au dernière étage avec la terrasse, à tous les coups ils seront au rez-de-chaussée, à côté du local poubelle, avec peu de lumière et le bruit des voitures", déplore-t-il amèrement. De plus, selon lui, "on limite les libertés de déplacement des handicapés". En effet, le reste des logements n’étant pas adaptés, les personnes en situation de handicap se verront cantonnées aux 10 % prévus pour elles, ce qui les handicapera d’autant plus dès qu’elles voudront rendre visite à une personne valide. Non, pour le sénateur, bien que ce projet de loi aille par ailleurs dans le bon sens, son article 18 constitue avant tout "un recul visant à satisfaire les promoteurs immobiliers", au détriment des personnes en situation de handicap.

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