Claude Guéant
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Les Dialogues (Presque) Imaginaires > Episode 12 : Meunier/Guéant

Régulièrement, au gré de l’actualité et des différentes prises de position, retrouvez sur lyoncapitale.fr un feuilleton passionnant. Parce que, comme l’écrivait Paul Auster dans La chambre dérobée, "chacun sait que les histoires sont imaginaires. Nous savons qu’elles ne sont pas vraies même quand elles nous disent des vérités plus importantes que celles que nous pouvons trouver ailleurs". Dans ce douzième épisode (presque) imaginaire, Philippe Meunier, député UMP du Rhône, échange avec Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, au sujet des radars. En pleine polémique nationale sur la sécurité routière.

Philippe Meunier : Alors Claude, ces radars, on en est où finalement ?

Claude Guéant  : C'est très simple : on suspend le retrait des panneaux avertisseurs et on met en place des radars pédagogiques. Comme ça, les chauffards, même bourrés, au téléphone et sur des routes défoncées, verront à combien ils roulent.

PM : Mais ils seront sanctionnés ou pas ?

CG : C'est très simple : on va mettre les radars pédagogiques avant les radars sanctionnants. Ou après. Ou à côté. Ou au-dessus. On pourra aussi en mettre ailleurs. Ca change tout ! On a déjà démonté trente-six panneaux, et on va continuer après la suspension du démontage à les démonter, tout en montant des radars d'un nouveau type.

PM : Claude, je n'y comprends plus rien... Sois plus clair !

CG  : C'est très simple : il y aura des radars pédagogiques, pas forcément où il y aura des radars fixes, que l'on continuera forcément à installer. Comme ça, on ne sera pas dans la logique de respecter les limitations uniquement là où il y aura des panneaux avertisseurs. C'est ça, la pédagogie. On surprend. Un coup on avertit, un coup on avertit pas. Comme ça les chauffards seront avertis deux fois. Tu comprends ?

PM : Plus tu m'expliques, moins je comprends.

CG : C'est très simple : c'est comme pour les avertisseurs embarqués. Si ces appareils sont utilisés par certains pour déjouer la sanction, on peut aussi les utiliser pour être informé de sa vitesse. Ca permet de caler son régulateur de manière plus intelligente. C'est pédagogique, c'est ce que je dirai aux constructeurs de ces appareils.

PM : Mais ces appareils, du coup... On les interdit ou pas ?

CG : C'est très simple : dans certains cas on les interdira, dans d'autres on les autorisera. Ca dépend, si les chauffards ont des régulateurs de vitesse et des GPS d'origine, ou pas.

PM : En gros, si je résume, c'est le coup de gourdin arbitraire sur tout ce qui bouge.

CG : C'est très simple : j'ai clarifié les choses. Beaucoup de nos concitoyens pensent qu'ils ont affaire à un vrai racket et que l'argent des amendes sert à combler le déficit public. Avec mes radars pédagogiques, je fais la démonstration que cet argent sert à investir pour plus de sécurité dans l'intérêt des piétons, des cyclistes, des automobilistes...

PM : Ah bon... Tu trouves ?

CG : C'est très simple : pour clarifier un peu plus, je vais mettre en place une mission parlementaire sur la sécurité routière, avec l'idée de mettre à plat un certain nombre de choses et éventuellement de prendre des mesures. Elle sera composée de trente-deux membres, tu pourras en faire partie si tu veux.

PM : Claude, tout ça est vraiment très compliqué...

CG : C'est très simple : je pense aussi à nos amis motards. Il faut qu'on progresse. En plus des radars pédagogiques, on va leur vendre des petits gilets jaune fluo à franges et deux petites roues supplémentaires à l'arrière. On fera des packs et ça coûtera pas trop cher.

PM : Des... petites roues ?

CG : C'est très simple : on choisira un coefficient multiplicateur. Deux roues supplémentaires pour les deux roues, huit roues supplémentaires pour les quatre roues, trente-deux pour les seize roues... et ainsi de suite. Il appartiendra à la commission de se prononcer sur l'épineux problème des trois roues. On enlèvera un seizième de roue par année de conduite et on fera une moyenne kilométrique sur le semestre en fonction des points de permis consommés, que l'on pondèrera tous les deux ans en fonction de l'âge du conducteur.

PM : Oui, c'est très simple. Finalement on est tous un peu sur la même ligne...

CG : C'est très simple : simple comme bonjour.

PM : Comme bonjour 2012.

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1 commentaire
  1. Yvan, de Lyon - 26 mai 2011

    Ce dialogue imaginaire, illustre bien la communication des décideurs, qui se sont couchés devant quelques députés.

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