Christophe Quiniou

Le plaidoyer pro-bagnole d'un élu UMP pro-vélo

L'élu UMP, sincère militant des modes doux, a interpellé les élus de la communauté urbaine, ce lundi soir. "Admettez-le, pouvoir aller où on veut quand on veut, sans avoir à poiroter une demi-heure sur un quai de gare ou supporter le tumulte et le vacarme des transports en commun est synonyme de qualité de vie".

"Qui ici est venu en transport en commun ?". Après avoir provoqué bronca et sifflets, un élu UMP a posé cette question aux élus du conseil communautaire du Grand Lyon, ce lundi soir. L'intervention de Christophe Quiniou a réveillé l'assistance, avec des mots polémiques et sans doute mal choisis pour forcer l'écoute. Mais lui qui d'ordinaire est le chantre de la bicyclette a lancé un intéressant plaidoyer pro-bagnole et anti-densité urbaine, remettant ainsi en cause deux dogmes de nos villes modernes.

Il fait 90 % de ses déplacements en mode doux

L'élu de Meyzieu, ingénieur en environnement, accomplit 90 % de ses déplacements en mode doux. Il ne part en vacances qu'à deux heures de chez lui. La dernière fois qu'il a pris l'avion remonte aux années 80 ou 90, il ne sait plus bien. "Partir une semaine en Afrique du Sud m'est éthiquement impossible", nous a confié Christophe Quiniou. C'est dire si le cri poussé par cet élu est celui d'un homme sincèrement engagé.

"Notre groupe en a plus qu'assez de la charria écologique programmée à l'encontre de la voiture personnelle en lui faisant porter, entre autre, la faute d'une partie de la pollution locale et globale", s'est-il écrié. Il estime que les véhicules seront bientôt peu voire pas du tout polluants, aussi juge-t-il les aménagements d'aujourd'hui trop contraignants pour la ville de demain. "Qui veut d'une ville dense, concentrée, sans place de parkings où des déplacements de plusieurs heures par jours en transports en commun seraient la règle ? (...) Admettez-le, pouvoir aller où on veut quand on veut, sans avoir à poiroter une demi-heure sur un quai de gare ou supporter le tumulte et le vacarme des transports en commun est synonyme de qualité de vie".

Il s'est payé les élus de la majorité, notamment les écologistes, coupables de mener une politique qui ne satisfait à la majorité des concitoyens. "A voir les scores des partis prônant la décroissance, une vie sans avion, sans viande, avec peu de déplacements et avec une économie réduite au minimum, ne semble pas la volonté du plus grand nombre". Et de poursuivre : "faut-il faire abstraction du libre arbitre des personnes, pourtant un des principes fondateurs de notre civilisation judéo-chrétienne ?".

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