Le Pen et la liberté

Une société a besoin de grands repères et les lois anti-négationnisme s'imposent. Mais pour tout le reste (les propos discriminants de tous genre) il est vrai que ça se discute. Interdire l'expression publique même choquante est une forme d'hypocrisie. C'est se priver d'éléments de compréhension et se débarrasser un peu vite d'une plaie sociale. Judiciariser le langage, c'est se laver les mains des combats civiques à mener contre l'obscurantisme. Pour exemple, il est dommage que le grand rabbin de Lyon Richard Wertenschlag puisse être poursuivi pour les propos qu'il a tenus la semaine dernière dans Lyon Capitale sur les homosexuels. Ceux-ci ont le mérite de la clarté et permettent de comprendre ce qui sous-tend certaines prises de positions publiques. Par peur du procès, le grand rabbin se rétracte déjà. Il sera demain beaucoup plus prudent dans l'expression, de sorte qu'on ne connaîtra pas le fond de sa pensée. Collectivement, qu'avons-nous à y gagner ?Â

Jean-Marie Le Pen se plaint de "la police de la pensée" mais il en est le premier responsable. Avec ses jeux de mots douteux, ses slogans discriminants et ses saillies fumeuses sur les races, Le Pen a traumatisé une société qui, en se protégeant, a réduit sa propre liberté.Â

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