Bruno Gollnish
©Tim Douet

"L'UMP veut de nos voix mais pas de nos gueules"

Bruno Gollnisch ne veut pas aider l'UMP au second tour un parti qui "nous crache à la figure". Nous l'avons aussi interrogé sur les bénéfices que le FN a tirés du débat sur l'identité nationale et sur son programme plus édulcoré qu'à l'accoutumé.

Lyoncapitale.fr : Revenons sur le 1er tour : l'an dernier le FN a fait 6 % aux européennes, cette fois 14 %. Que s'est-il passé en un an ?

Bruno Gollnisch : L'an dernier, nous avions fait une vraie contre-performance. Notre discours était très hostile à l'évolution actuelle de l'Union européenne et les gens qui partageaient ce constat sont restés chez eux plutôt que de voter.

Entre temps, il y a aussi eu le débat sur l'identité nationale...

Il ne faut pas surestimer ce facteur. C'est un débat très important qu'on devait avoir. Il a libéré la parole des électeurs de l'UMP. Rappelez-vous de la réaction de Nora Berra qui a claqué la porte d'une réunion de l'UMP lorsque l'ancien Garde des Sceaux, Pascal Clément, a tenu des propos sur les minarets. Ce débat a mis du désordre dans les rangs de l'UMP.

Que pensez-vous de l'échelon régional ? Est-il pertinent ?

J'ai un point de vue personnel qui n'est pas celui du Front national. Je serais partisan de créer 30 provinces, à la place des départements et des régions. Rhône-Alpes est trop grande et manque d'unité. A la place, je verrais trois provinces : la Savoie, le couloir rhôdanien et le Dauphiné à qui l'on adjoindrait les Hautes-Alpes. On le voit, Lyon n'est pas qualifié pour régler les problèmes alpins. Et Grenoble est complètement autonome.

Préférez-vous voir Grossetête élue présidente ou Queyranne ?

Je préférerais me voir moi président. J'aime bien madame Grossetête quand elle est dans l'opposition. Elle nous emboîte alors le pas. Nous sommes le laboratoire d'idées de la droite qui n'en a pas depuis vingt ans. Mais dès qu'elle est aux affaires, l'UMP fait la même politique que les socialistes. Tous deux ont participé au déclin de nos sociétés d'Europe de l'Ouest.

Mais en vous maintenant au 2nd tour, vous condamnez Grossetête à la défaite...

Non, ce qui la fait perdre, c'est le mode de scrutin imbécile conçu par Sarkozy sous l'ordre de Raffarin dans le but de flinguer le FN. Il a réussi à faire perdre toutes les régions de France à l'UMP, en imposant un second tour. Alors que Grossetête est arrivée devant au 1er tour. Faire un cadeau à la droite, on a déjà donné en 1998, en votant pour Charles Millon et chacun de ses vice-présidents. Ce sont finalement les propres amis de Charles Millon qui l'ont poussé dehors et qui sont aujourd'hui sur les listes de madame Grossetête. Nous n'avons pas l'habitude de faire des cadeaux à un parti qui nous crache à la figure. L'UMP veut de nos voix mais pas de nos gueules.

En lisant vos propositions, on ne voit pas de grosses différences avec les autres listes. Quels sont les points qui vous distinguent vraiment ?

Nous voulons donner la priorité à une ligne ferroviaire Rhin-Rhône vers l'Europe du Nord plutôt que le Lyon-Turin. En politique culturelle, nous voulons arrêter ces subventions qui vont toujours aux mêmes. Sur l'international, nous avons aussi une autre vision des choses. L'UMP a voté la subvention accordée pour former les Vietnamiens aux métiers de la chaussure pendant que nos ateliers fermaient à Romans.

Continuez-vous à vouloir renvoyer les immigrés dans leurs pays d'origine ?

Nous sommes toujours pour l'inversion des flux migratoires. Mais face à un sujet complexe, nous avons des solutions qu'il ne faut pas caricaturer. Il y a immigrés et immigrés. Certains sont arrivés il y a près de 40 ans, sont honnêtes, ont acquis la nationalité française et sont parfaitement intégrés. Nous n'avons pas l'intention de renvoyer ces personnes. Par contre, il faut changer le Code de la nationalité qui s'hérite ou se mérite, imposer la préférence nationale.

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