FN Rhône : la “stratégie agressive” de Marine Le Pen interroge

Après la défaite de Marine Le Pen, battue par Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle, les militants ont regretté les attaques de la dernière semaine. Mais, dans leurs réactions, les élus étaient encore virulents contre “le système” et les médias.

Loin de l'euphorie du premier tour, l'ambiance est pesante en début de soirée ce dimanche 7 mai à la fédération FN du Rhône. Les élus tardent à arriver, et la salle à se remplir. Ils sont finalement une cinquantaine à l'annonce des résultats à 20 heures. Et c'est dans le silence qu'ils découvrent le score de Marine Le Pen – alors estimé à 35 % –, avant d'entonner une Marseillaise.

Chez les militants FN présents, beaucoup regrettent la stratégie d'entre-deux-tours de Marine Le Pen. "Le débat l'a tuée, déplore un homme âgé. Elle a fait la même connerie que son père." "Les gens se sont interrogés sur l'attitude de Marine Le Pen et quelques-uns sont venus vers nous en essayant de comprendre, racontait Muriel Coativy, secrétaire départementale du parti, avant même l'annonce des résultats. On s'attendait à un discours d'apaisement et les militants ont regretté qu'elle soit plutôt dans l'agression." Une "stratégie agressive" au contraire revendiquée par la conseillère régionale Agnès Marion, qui ne s'est pas privée de relayer les fameux "MacronLeaks" juste avant la période de réserve vendredi soir.

Difficiles législatives

Les élus se refusent à réagir immédiatement après l'annonce des résultats, attendant "les consignes nationales". Damien Monchau, conseiller municipal à Vénissieux, fait part de la volonté du parti frontiste de se poser en première force d'opposition en accédant à une "majorité parlementaire". Un rêve a priori difficile à concrétiser dans le Rhône où, même dans les circonscriptions dites "gagnables" par le FN (9e, 10e, 11e et 14e), la bataille s'annonce rude au regard des résultats du 1er tour. Antoine Melliès, candidat dans la 11e, se veut confiant. "Les candidats En Marche n'ont pas de notoriété locale pour poursuivre l'élan national", avance-t-il.

À l'instar de Marine Le Pen, Damien Monchau promet "une grande recomposition du parti, avec certainement un changement de nom". Pas un embryon de scission, vers Marion Maréchal-Le Pen par exemple, pour autant. À l'heure d'analyser la défaite et les erreurs de leur candidate, pas question pour les militants de remettre le leadership de Marine Le Pen en question. "Elle est notre chef et nous nous rangeons derrière elle", explique un militant. Le mérite d'avoir amené le FN au-dessus de la barre des 10 millions d'électeurs l'emporte sur les erreurs stratégiques de la dernière semaine, donc.

Lyon Capitale raccompagné par le service d’ordre

Peu présent dans l'euphorie du premier tour, le refrain anti-médias est largement repris ce dimanche soir. Chez les anciens comme chez les plus jeunes, qui rejettent largement un système médiatique jugé partial. Les "Vous êtes bien contents", fusent à l'intention des journalistes. “Les médias ont bien fait leur travail...", lance un militant ironique. Dans son discours, Muriel Coativy charge d'ailleurs ce "système qui tremble", selon elle, et ces fameux "médias complices", évoquant une "démocratie bafouée".

Hostilité envers les médias et boisson aidant, on craint des écarts de langage des militants. Une heure après l'annonce des résultats, alors que la permanence commence déjà à se vider, les responsables FN du Rhône tendent l'oreille pour vérifier ce que les militants disent en interview. Et tentent de prévenir les dérapages. La sécurité nous empêche finalement de poursuivre les discussions, demandant d'arrêter les enregistrements. Nous serons finalement invités à "continuer dans la rue" et fermement raccompagnés vers la sortie.

Revivez la soirée électorale avec les résultats et les réactions du second tour de la présidentielle 2017 à Lyon et dans le Rhône

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