Chassieu parc joly
©Aurore Dudka

Chassieu : des promesses électorales non tenues

Ce dimanche 14 février, une trentaine de riverains du quartier Joly de Chassieu se sont réunis. Leur but est de faire entendre leurs voix face à la mairie qui veut transformer leur parc en complexe immobilier.

Suite à un problème d’occupation du site par les gens du voyage en 2014, le parc Joly a été mis à l’agenda politique. Le maire, Jean-Jacques Sellès, a alors convié les habitants à un apéritif afin de réfléchir à un nouvel agencement. La clôture de l’entrée principale ainsi que la mise en place de bordures en béton, et de rochers pour empêcher l’accès a été décidé. Parallèlement, ce parc très apprécié des habitants a été peu à peu mis à l’abandon par la mairie : "on nous a retiré les buts de foot, le maire veut également supprimer la fête communale qui avait lieu à cet endroit" explique Joël Cottin, un riverain.

À la réunion de concertation organisée par la mairie, le vendredi 29 janvier, 300 habitants étaient présents afin de réfléchir, a priori dans une logique délibérative, aux orientations stratégiques de la ville. Les habitants ont peu apprécié les déclarations du maire Jean-Jacques Sellès. Au nom de la loi ALUR, qui impose un quota de logements sociaux, le maire a annoncé la transformation du parc Joly en un complexe immobilier. "Personne n’en a jamais parlé et tout d’un coup c’est comme quelque chose de décidé", déclare Andrea Schmidt Cottin, une habitante de la commune.

"On a voté pour des menteurs"

La semaine dernière, lors de la réunion avec les conseils de quartier et les pouvoirs publics, des habitants, constitués depuis en collectif pour conserver le parc Joly, étaient présents. Ils n’ont cependant pas pu infléchir des décisions qui semblaient déjà prises. L’urbaniste de la ville, qui n'a souhaité répondre aux questions, évoque 50 logements R3 et 25 maisons individuelles. Elle reste d’ailleurs très allusive sur les modalités même du projet. Cela rend donc difficile l’intervention des citoyens. "Le maire n’est même pas resté" et "au final, ce que l’on va nous demander c’est la couleur des poignées de porte ou les fleurs que l’on veut planter", s'indigne Frédéric Journet, membre du collectif.

La mairie prévoit également de s’intéresser à la dépollution d’une partie du parc qui permettrait d’agrandir la zone constructible et par conséquent la rentabilité immobilière du futur parc Joly. Pour l'instant, cet aspect du projet reste flou : "je ne peux pas dire aujourd'hui si on va détruire cette partie du parc ou pas. Cela dépendra des groupes de travail" nous informe Gérard Arnaud, premier adjoint au maire de Chassieu.

Pour les habitants, c’est la douche froide. Jean-Jacques Sellès avait en effet stipulé noirs sur blanc dans ses promesses de campagne la création d'un pôle de loisir au stade Joly avec une aire de glisse et l’aménagement d’un véritable pôle de pétanque. "On a voté pour des menteurs, c’est une honte, on a l'impression d'être des pigeons", s'écrie Patricia, 50 ans.

Le premier adjoint au maire justifie le changement de direction par le fait "qu'au moment de la campagne en 2013, la loi ALUR n'était pas aussi prégnante. Si nous ne le faisons pas de nous-même, c'est le préfet qui va réquisitionner des terrains, comme cela a été fait à Collonges-au-Mont-d'Or. On risque des pénalités en cas de non-respect des objectifs".

Pour la mairie, le projet du Parc Joly est toujours une opportunité pour "que les citoyens puissent donner leur avis" tout en répondant à des obligations institutionnelles. Le premier adjoint du maire déclare pourtant : "cela va aller très vite. Qu'ils nous disent ce qu'ils veulent car de toutes façons cela se fera".

"Ne nous précipitions pas"

Pour satisfaire les obligations de la loi ALUR, comme les 25 % de logements sociaux, les communes ont jusqu'à 2025. Les habitants du quartier Joly ne sont pas contre l'implantation de logements sociaux dans leur ville. "Il faut de nouveaux logements, mais ne nous précipitons pas pour supprimer les espaces verts alors que d'autres solutions existent. La mairie a la maîtrise du foncier sur d'autres parcelles" explique Joël Cottin avec pour preuve le zoning du foncier que la mairie et la métropole possède.

Mais pour le premier adjoint, le parc Joly est le plus pertinent au niveau de l'unicité de l'espace. De plus, sur la commune, il n'y a pas de terrain aussi grand. "C'est donc un dossier facile à traiter" assure-t-il.

Les habitants craignent donc que ce projet ne soit qu’un début et que l’on "bétonne" Chassieu. "Lorsque leurs voisins meurent, les gens, et surtout les personnes âgées, ont peur que l’on construise un immeuble car les terrains sont souvent grands", raconte Henriette, 82 ans. Mais les Chasselands ne se laissent pas faire. Henriette a d’ailleurs récolté 314 signatures avec une pétition visant à préserver le parc Joly. Une autre a été mise en ligne. De nombreuses actions sont également prévues pour protéger le cadre de vie de la commune.

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