Avocats palais de justice
© Tim Douet

Meurtre de Mohamed Abdelhadi : la famille demande justice

Le meurtrier présumé de Mohamed Abdelhadi avait été libéré en mars dernier malgré ses aveux. La justice avait considéré qu'il y avait prescription et n'a pas reconnu les actes interruptifs d'enquête présentés par la famille. Celle-ci organise un rassemblement demain devant la cour d'appel de Lyon.

La décision de justice avait suscité l'émoi à Lyon le 30 mars dernier. Le sexagénaire accusé du meurtre de Mohamed Abdelhadi en 2001 - et qui était passé aux aveux - était remis en liberté après deux ans d'incarcération, la cours d'appel de Lyon ayant constaté la prescription des faits après 10 ans. La disparition inquiétante de la victime alors âgée de 21 ans n'avait été reconnu qu'en 2008 et enregistrée au commissariat de Villefranche. De quoi constituer en théorie un acte interruptif de nature à suspendre la prescription. Or il ne reste de la déposition de la famille que des traces informatiques avec un numéro de parquet.

En janvier 2017 la justice reconnait l'acte interruptif et la validité des poursuites. Mais le meurtrier présumé et ses deux complices (eux aussi présumés) font appel. Le 29 mars la cour d'appel de Lyon considère finalement que les restes de la déposition faite par la famille en 2008 sont insuffisants. Les fait sont donc prescrits, et le meurtrier présumé relâché. Celui-ci avait pourtant avoué en 2016 avoir poignardé le jeune homme originaire de Villefranche-sur-Saône à son domicile de Limas. David Metaxas, l'avocat de la famille de Mohamed Abdelhadi, avait dénoncé une "faute lourde des ministères de la Justice et de l’Intérieur". Il s’était pourvu en cassation, tout comme le parquet général.

Pour protester contre cette décision de justice la famille de Mohamed Abdelhadi appelle à un rassemblement devant la Cour d’Appel de Lyon demain à 14 heures en mémoire de leur proche disparu et pour faire entendre leur cause.

Deux meurtriers présumés remis en liberté en deux semaines

En deux semaines deux meurtriers présumés ayant avoué leurs meurtres ont été remis en liberté à Lyon. Le 3 avril c'était dans l'affaire du quartier des Brotteaux - où a lieu le meurtre d’un homme de 24 ans en octobre 2016 - que l'accusé était libéré, la faute à un mandat de dépôt non renouvelé à temps. Deux cas similaires qui mettent en exergue la situation de plus en plus précaire de la justice, largement dénoncée par les magistrats. "On se plaint qu’il y a une perte de confiance dans la justice, mais comment voulez-vous que les gens aient encore confiance avec des erreurs comme celle-là ?" avait ainsi déclaré à Lyon Capitale Me Jacubowicz, l'avocat de la partie civile dans l'affaire des Brotteaux. "La justice lyonnaise est particulièrement concernée, avec des délais d’audiencement à la cour d’assises qui sont conséquents, entre 1 et 2 ans, avait pour sa part constaté David Metaxas, l'avocat de la famille de Mohamed Abdelhadi, pour Lyon Capitale. Les dossiers, eux, sont maltraités."

 

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