LYON Capitale du mercredi 28 octobre au mardi 3 novembre 1998 – Page 5

Il y a 20 ans : "Cohn-Bendit, trente ans après"

Il y a 20 ans dans Lyon Capitale - Dany le rouge, alias Daniel Cohn-Bendit, se présente en tant que tête de liste aux élections européennes de 1999.

En visite en terre lyonnaise, Daniel Cohn-Bendit a rencontré militants Verts locaux. Il en a profité pour affirmer sa fibre écologique, au moment où l'Allemagne annonce, à terme, l'arrêt du nucléaire.

LYON Capitale du mercredi 28 octobre au mardi 3 novembre 1998 - Page 5

Cohn-Bendit, trente ans après

Politique. Daniel Cohn-Bendit sera tête de liste aux européennes en 1999. Mercredi dernier, les militants Verts du Rhône le plébiscitaient.

Tel le Zorro de Martin Campbell, en ce moment sur nos écrans, Daniel Cohn-Bendit, 30 ans après ses exploits de Mai 68, vient de se faire adouber par les Verts pour conduire la liste des européennes en 1999. Dany le rouge devenu Vert, fait encore plus fort : caméléon à la peau coriace, il tient tout seul les rôles d'Antonio Banderas et Anthony Hopkins. Avec la bedaine entre-deux. Dans la foulée, le lutin pétillant a même séduit la très rétive Dominique Voynet qui pourtant n'aime pas trop qu'on vienne fouler ses pâquerettes.

Détaxer le travail...

Mercredi 21, Cohn-Bendit rencontrait les militants Verts lyonnais qui devaient le plébisciter le dimanche suivant à près de 80 % (75 % au niveau national) pour conduire la liste des européennes en 1999. Il squattait en soirée le bureau archi-comble d'un Gilles Buna rayonnant pour livrer à la presse quelques réflexions. Celles-ci esquissent ses thèmes de campagne et tombent au moment où les Verts en Allemagne viennent de marquer les esprits européens en décrochant le ministère de la diplomatie tout en imposant l'arrêt, à terme, du nucléaire en Allemagne.

"Je n'ai aucune velléité d'être ministre. C'est de folie pour moi, ce n'est pas une vie !", clame Dany le rouge. Puis Dany le Vert rentre dans le coeur du sujet en surfant sur la vague européenne de crédibilisation des écologistes : "La France avec 5 ou 10 ans de retard sera amenée à sortir du nucléaire car elle ne pourra plus avancer l'argument économique" qui sera devenu caduc. Il embraye ensuite sur l'Europe qui "peut faire rêver" avec "ses 50 ans de pais" à l'actif : "Je ne suis pas (à ce sujet) obligé de dire quelque chose de différent d'Helmut Kohl." Parlant des révoltes étudiantes, Cohn-Bendit les voit, "comme en 68", sous-tendues parfois par la haine : "Les gens qui cassent ont un comportement suicidaire (...) Je suis pour l'autonomie des établissements mais avec discrimination positive envers les plus difficiles." Après avoir fustigé les néo-libéraux, Cohn-Bendit lance trois pistes économiques dont la première, au moins, ne devrait pas faire plaisir à la gauche française : "la détaxation du travail la diminution du temps de travail, la taxe écologique au niveau européen". 

À la guerre comme à la guerre, Dany se paye le luxe en final de lancer, en parlant de la Région Rhône-Alpes : "Il faut être gaulliste jusqu'au bout. Entre la situation horrible, droite plus FN, et un compromis entre la droite et la gauche, les forces démocratiques dans ce cas d'exception" doivent se partager le pouvoir pour éviter le pire. L'humour de Zorro, la grandeur de De Gaulle, la tolérance d'Henri IV : le rouquin pourrait faire un malheur !

Philippe Chaslot

à lire également
Il y a 20 ans dans Lyon Capitale - L'inscription du site historique de Lyon au patrimoine mondial de l'Unesco récompense une volonté de mettre la patrimoine au coeur du projet de la ville. 
1 commentaire
  1. Galapiat - 31 octobre 2018

    c'est bien le même qui aimait à raconter le plaisir de se faire déshabiller par des petites filles !

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure


derniers commentaires
Faire défiler vers le haut