"Tu n'en as pas marre de jouer à Nuits Sonores ?"

Ils s'y plaisent, ou ils habitent seulement à côté... Si on ne se lasse pas de les voir pour la plupart, il fallait quand même leur demander : n'en ont-ils pas un peu marre de jouer à Nuits Sonores ?

AGORIA
Tu n'en as pas un peu marre de passer à Nuits Sonores ?
Agoria : Mais pourquoi en aurais-je marre ? En amour on ne compte pas. J'aime ce festival ; j'aime cette ville. J'ai toujours eu un contact très particulier avec le public lyonnais. Lorsque je sentirai l'ennui arriver, évidemment j'arrêterai. L'année passée, j'ai cependant eu l'impression que le public voulait continuer jusqu'à midi plutôt que de nous voir arrêter à 6 heures du matin. Et puis il faut relativiser : je joue deux fois par an à Lyon, ce qui est très peu pour ma ville natale, dans laquelle je vis au quotidien. Je joue bien plus à Barcelone, Londres, Madrid ou encore à Paris. Ces trois dernières années, j'ai sans doute plus joué à Sao Paulo qu'à Lyon ! J'aurais du mal à être blasé dans ces conditions. Mais j'aimerais bien trouver un club à Lyon qui me proposerait une résidence intéressante...

Qu'est-ce qui fait la spécificité de ce festival ?
D'une part, je crois que l'équipe initiatrice du projet est totalement impliquée et passionnée, faisant passer les velléités commerciales au second plan. Les jeunes pousses intégrées chaque année apportent un sang nouveau et un recul critique salvateur qui permet au festival d'évoluer et de grandir en douceur. Mais la vraie spécificité du festival, c'est l'osmose avec la cité. Nuits Sonores appartient pleinement aux lyonnais, qui se sont appropriés l'événement. Le succès des étapes proposées en dehors des grandes messes nocturnes sont révélatrices de cette union. Le dimanche après-midi, lors des Siestes Sonores, où familles côtoient freaks, artistes, organisateurs ou simples curieux en est le symbole. Les artistes programmés dans les line up officiels ont un rôle secondaire à mon avis. Le public vient bien évidemment car il est sensible à certains d'entre eux, mais il vient surtout pour participer aux Nuits Sonores. Fédérer une cité autour d'un projet ambitieux, qualitatif et à la fois populaire, est une réussite rare.

Un souvenir inoubliable ou improbable lié au festival ?
Il y en a beaucoup, mais le premier qui me vient à l esprit et qui est aussi le plus vieux date de la première édition à la Halle Tony Garnier. Le capricieux Roni Size a voulu diviser son set en deux à la dernière minute, histoire de prendre le premier vol du matin pour rejoindre Londres, sans prévenir qui que ce soit... Il n'a joué qu'une heure sur les deux escomptées sans se soucier du fait qu'il était le dernier artiste présent et avait donc la responsabilité de clôturer le festival. Il était impensable de renvoyer le public chez lui une heure avant la fin de la soirée ! L'équipe du festival a alors insisté pour que je clôture la soirée, mais ayant déjà fait l'ouverture du festival trois jours plus tôt, j'étais un peu gêné et j'ai essayé de placer quelques amis pour remplacer Roni Size -qui portait bien son nom pour le coup. Ils ont tous insisté pour que ce soit moi. Je suis parti fissa chercher quelques disques 5 minutes avant la fin du cisailleur. Et ce fut impressionnant ! Je n'avais pas l'habitude de jouer sur de si grandes scènes... D'autant plus que le volume sonore a subitement été réduit de moitié et que les lumières se sont instantanément figées au moment de mettre mon premier disque ! Bizarre bizarre, mais surtout dur dur comme première à la Halle.

LAURENT GARNIER
(motivé par les huîtres et rillettes)
Tu n'en as pas un peu marre de passer à Nuits Sonores ?
Laurent Garnier : Si, un peu... Tu dois bien aussi en avoir marre d'écrire sur eux tous les ans ! C'est vrai, c'est lassant à la fin.

Qu'est-ce qui fait la spécificité de ce festival selon toi ?
Le fait que l'on puisse manger des huîtres et des rillettes à 7 heures du mat' après le festival.

Pourquoi tu y reviens ?
Le staff n'est pas vraiment très aimable, le son est toujours un peu cra-cra, la prog est désuète et en plus ils me font dormir au Formule 1 de Vaulx-en-Velin alors que je n'arrête pas de leur dire que je préfère Mister Bed. Franchement, parfois, je me demande bien pourquoi.

Eux non plus n'en ont pas ras-le-bol de Nuits Sonores
DANGER
Je n'en ai pas marre, non : c'est un excellent festival avec un public vraiment très énergique, et de bonnes installations scéniques et visuelles. C'est assez surprenant quand on sait que 95 % du festival est chaperonné par la mafia.
SPITZER
Marre ? C'est seulement la seconde fois que nous y participons. Cela serait plutôt prétentieux de refuser de jouer dans de telles conditions, d'autant que c'est un festival de chez nous.
JENNIFER CARDINI
Non je n'en ai pas assez ! J'aime l'ambiance, les lieux qui sortent du cadre du clubbing, la prog, le mélange des genres et l'équipe. J'y reviens tout simplement parce que c'est bien.

Propos recueillis par Mickaël Draï et Miss Pokemon

Notre dossier complet sur les Nuits Sonores 2009 en cliquant ici lien

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