Nuits de Fourvière 2017 Orchestra Piazza Vittorio Don Giovanni
© Angelo Trani

Nuits de Fourvière : un Mozart queer au théâtre antique

L’Orchestra di Piazza Vittorio, de Mario Tronco, est de retour à Fourvière. Avec un Don Giovanni transgenre et transculturel. Mardi, mercredi et jeudi au théâtre antique.

Aux Nuits de Fourvière, on aime suivre certains artistes d’année en année. À l’instar de Zingaro ou du cirque Plume, l’Orchestra di Piazza Vittorio est de retour au théâtre antique et ce pour la quatrième fois. On se souvient de leur remake de La Flûte enchantée de Mozart en 2009, de leur Carmen aux mille couleurs de 2013 ou du Tour du monde en 80 minutes qui, à défaut d’exclusivité, reste un des grands moments de l’édition 2014. On se réjouira donc du retour des globe-trotteurs romains dans une nouvelle création coproduite par les Nuits. Mais qui est cet orchestre bigarré qui revisite nos classiques, de Mozart à Jules Verne, avec à chaque fois la même fantaisie ?

100 % italien et 100 % cosmopolite

Tout commence en 2002 lorsque le leader du groupe pop-rock italien Avion Travel part en campagne… de recrutement. Son projet : rassembler ! Se dessinent alors les contours d’un super-orchestre 100 % italien et à la fois 100 % cosmopolite. Passionné par les musiques du monde entier, Tronco fait appel à des musiciens et chanteurs indiens, brésiliens, cubains, argentins, sénégalais ou tunisiens… Confiant les travaux d’arrangement à Leandro Piccioni (l’arrangeur d’Ennio Morricone), il s’empare du leadership et du rôle de chef d’orchestre. Iconoclaste et syncrétique, la recette fait mouche et les succès internationaux s’enchaînent. Fidèle à son équipe, on doit reconnaître que celle-ci le lui rend bien puisque l’on retrouve à chaque production les mêmes visages et voix singulières : un all-stars souriant au sein duquel transpirent plaisir et complicité. Car chacun est tour à tour mis en valeur, préservant les entités sans nuire au collectif. Ici, on se fiche des conventions et, si l’idée nous effleure de reprendre un air de Mozart en version cumbia, on suit son instinct ! Un Mozart qui a bon dos puisque la petite bande s’attaque pour la seconde fois à un opéra du compositeur viennois, n’hésitant pas à l’épicer d’accents ensoleillés.

Fantaisie de tous les genres

Après La Flûte enchantée, c’est à Don Giovanni de se voir refaire le portrait, et comme on ne change pas une équipe gagnante c’est Petra Magoni (Reine de la Nuit délurée du premier) qui incarnera le rôle-titre. On vous avait prévenus, la fine équipe ne connaît pas le tabou et se plaît tout autant à jouer avec les genres musicaux qu’avec les genres biologiques. Et voilà que, comme par magie, le séducteur le plus célèbre de l’histoire apparaît sous les traits d’une femme, dans un décor rappelant le Cotton Club de Harlem dans les années 1920. Anachronisme, loufoqueries en tout genre : ici c’est la fantaisie qui prime et l’on s’ennuie rarement. Mais, à Piazza Vittorio, on cultive aussi l’excellence : Mozart n’est pas près de se retourner dans sa tombe.

Orchestra di Piazza Vittorio / Don Giovanni
Mardi 13, mercredi 14 et jeudi 15 juin à 22h au théâtre antique
Dans le cadre des Nuits de Fourvière 2017

 

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