Ces effigies funéraires représentant un ancêtre son les rares objets venus d’autres fonds que celui des trois donateurs.

Musée des Confluences à Lyon : à la découverte du peuple kalash

La nouvelle exposition temporaire du musée des Confluences s’intéresse au peuple kalash, qui habite les hautes montagnes entre le Pakistan et l’Afghanistan. Par sa scénographie, « Fêtes himalayennes, les derniers Kalash », nous permet d’aller à la rencontre d’une société et d’une culture en manque de reconnaissance.

Comment mettre en scène une exposition dont le fonds documentaire se constitue principalement de photographies et diapositives ? Voilà le défi qu’Helena Ter Ovanessian, chef de projet, et Gilles Mugnier, scénographe, ont relevé pour accueillir « Fêtes himalayennes, les derniers Kalash » au sein du musée des Confluences. Cette exposition est issue des voyages et recherches de deux ethnologues et un photographe : Viviane Lièvre, Jean-Yves Loude et Hervé Nègre.

De 1976 à 1990, ils se rendent régulièrement auprès du peuple kalash, qui les accepte et intègre au sein de leurs traditions. Au total, ils passent deux ans à leurs côtés. En 2016, ils lèguent leurs archives au musée des Confluences, permettant la mise en place de cette exposition, du 23 octobre 2018 au 1er décembre 2019.

Jean-Yves Loude, Viviane Lièvre et Hervé Nègre ont fait don de leurs archives au musée des Confluences. Ce don a permis de mettre sur pied l'exposition "Fêtes himalayennes, les derniers Kalash".

Qui sont les Kalash ?

Les Kalash sont une minorité pakistanaise de 3000 personnes. Ils s’établissent dans les hautes montagnes de l’Hindu-Kush, situées entre le Pakistan et l’Afghanistan. Cette population, qui croit en plusieurs divinités, possède un mode de pensée axé sur chamanisme. C’est aussi une société qui se sustente par les cultures et élevages qui l’environnent. Les Kalash ont également une conception cyclique du temps. « D’une année sur l’autre, la vie doit recommencer comme elle l’était avant » dévoile Jean-Yves Loude, écrivain et ethnologue. L’exposition, dont le cheminement s’apparente à un voyage initiatique pour le visiteur, se divise en deux parties : d’abord un regard sur la vie des hommes et femmes de la fin de l’été à l’hiver lorsqu’ils sont en recherche d’abondance ; ensuite l’accent se porte sur l’une des fêtes traditionnelles, le Chaumos. Elle dure tout le mois de décembre et vise à préserver le peuple du désordre et du malheur. La dépense d’énergies et de nourriture aide à régénérer la nature et la société.

Des photos précieuses

Au cours de leurs multiples expéditions, les trois explorateurs ont pu écrire le premier dictionnaire de la langue kalash. Aucun livre de ce type n’était consacré à cette culture, dont l’oralité est ancestrale. « Auparavant, les Kalash étaient moqués car ils ne s’appuyaient sur aucun livre » témoignent les donateurs. Par l’intermédiaire d’Hervé Nègre, photographe, des moments particuliers de fête mais aussi du quotidien ont été immortalisés. « La photo est devenue un autre moyen d’écriture, confirme le photographe. Les Kalash savaient que ce travail pouvait permettre de mieux connaître leur culture. » Pour Viviane Lièvre, Jean-Yves Loude et Hervé Nègre, cette exposition n’a pas pour but de faire « l’apologie » de ce peuple. Il s’agit plutôt d’une œuvre ethnologique.

Car la culture kalash se perd depuis les années 2000, et le décès du dernier chaman en 2002. Des prémices de la crise entre l’Afghanistan et le Pakistan à la pression des pratiquants de religions monothéistes, ce peuple a également subi les influences quotidiennes de l’extérieur. Bien que le gouvernement d’Islamabad les ait toujours respectés, le destin des Kalash tend vers une perte de leurs mythes et pratiques. « Il n’y a pas de romantisme derrière cette exposition, avance Jean-Yves Loude. Le peuple kalash est adulte et peut agir pour lui-même. Mais cette exposition permet d’avoir une considération pour cette société. »

Pour retracer le parcours des trois explorateurs, le musée des Confluences et La Boîte à Bulles co-éditent un ouvrage sous forme de bande-dessinée reportage. Mêlant dessins et photographies, ce livre invite à la découverte du peuple kalash à travers le récit de Viviane Lièvre, Jean-Yves Loude et Hervé Nègre.


  • L'exposition est visible du 23 octobre 2018 au 1er décembre 2019. Entrée 9€ pour l’ensemble des expositions (gratuité enfants moins de 18 ans et étudiants moins de 26 ans).

  • La bande-dessinée est disponible à partir du 23 octobre au musée des Confluences et à partir du 2 janvier 2019 dans le réseau national de librairie. Prix : 18€ TTC.

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