Cindy Lo, jeune talent de la Fête des lumières 2018 © Tim Douet

Lyon : (Fête des) lumières braquées sur les jeunes talents

Chaque année, des artistes émergent grâce à la Fête des lumières dans le cadre des expérimentations étudiantes. En marge des grandes fresques réalisées par des artistes chevronnés, une trentaine de projets représenteront les talents de demain.

Présentation des jeunes talents de la Fête des Lumières 2018 © Tim Douet

Dans le 5e arrondissement de Lyon, une tête de taureau surgit de nulle part. Les immeubles cachent petit à petit la bête. Mais, la nature finit par reprendre ses droits, grâce à un oiseau bleu qui laisse une graine tomber au sol. Cette histoire courte, racontée par les dessins de Cindy Lo, sera projetée dans le cadre de la Fête des lumières sur la façade du collège Jean Moulin. Cette créatrice fait partie des vingt artistes retenus pour participer à la seconde édition du "Workshop mapping" de la Fête des Lumières. Cet atelier de travail autour de la projection de vidéo sur les façades, vise à transmettre une "école lyonnaise de la discipline de projection architecturale", explique Jean-François Zurawik, directeur des événements. En septembre dernier, les jeunes concepteurs se sont retrouvés à Epinal, dans le cadre de la Fête des Images, pour une semaine avec des artistes confirmés : Marie-Jeanne Gauthé, artiste ambassadrice de la fête des lumières, Chloé Mazlo, lauréate du César du court-métrage d’animation en 2015, et Melvin Le Riboter, enseignant à l’école des Gobelins à Paris. Chacun a pu concevoir un projet sur le thème de l’éveil ou du cirque. "Ce sont des capsules créatives qui jouent avec la façade du collège, commente Romain Tamayo, chargé de projet Emergences. Chaque artiste propose des techniques différentes : ça peut être de l’animation d’illustration, du motion design créé sur ordinateur, de la 3D, de la vidéo-projection etc."

Renouer avec la narration

Cindy Lo, jeunes talents de la Fête des Lumières 2018 © Tim Douet

Pour construire son récit, Cindy Lo s’est inspirée de l’histoire du bâtiment. La légende veut qu’un veau d’or serait caché dans les entrailles du collège, depuis la découverte au XIXe siècle d’une plaque gravée du VIe siècle évoquant un sacrifice taurobole sous l’empereur Commode. "Je joue sur les contes mythologiques. On est sur l’éveil des consciences, dans une logique de renaissance" détaille-t-elle. Originaire de Paris, Cindy habite à Lyon depuis un an et n’a encore jamais parcouru la Fête des Lumières. "Mes amis partent tous de Lyon quand arrive la Fête. Je vais la voir pour la première fois cette année, et en plus j’y participe…" Elle a étudié à l’école Estienne puis aux arts-déco à Paris en cinéma d’animation. Sa matière première : le dessin brut. "Je prévois toujours un temps de création avant de partir sur l’ordinateur. On y passe déjà bien trop de temps !" Sélectionnée sur dossier, portfolio et lettre de motivation, Cindy a suivi la semaine de travail avec intérêt. "J’apprécie la projection architecturale car elle s’inscrit dans le cadre d’un événement visible par tout le monde. Ainsi, l'art ne reste pas uniquement dans le milieu artistique. Le décor de nuit permet de changer la ville."

Un partenariat avec les Grands Ateliers

Emmy Decoursière, jeunes talents de la Fête des Lumières 2018 © Tim Douet

D’autres œuvres seront présentées dans le 5e arrondissement, lui conférant le titre de "pôle étudiants/créateurs", selon Romain Tamayo. Grâce à un partenariat avec les Grands Ateliers, basés à L’Isle d’Abeau, des étudiants peuvent présenter leurs travaux. Ce lieu d’enseignement et de recherche sur la construction lance chaque année, depuis 16 ans, un appel à candidature auprès d’une soixantaine d’établissements d’enseignement supérieur dans le domaine artistique en France et en Europe. Cette année, le site a reçu 150 candidatures, présentées par environ 250 étudiants. Seulement 15 ont été retenus.

Parmi les lauréats, deux groupes de trois élèves en deuxième année de BTS design de produit de l’école Condé à Lyon. Leurs projets s’intitulent "Les lumières de la ville" et "Pixelyon". Le premier, présenté par Emmy Decoursière, consiste à cadrer les éléments lumineux de la ville. "Ici, nous réutilisons la lumière créée par la ville". À travers la représentation d’une salle de cinéma miniature, le visiteur observe le mouvement lumineux de la ville. Le cadre sera notamment braqué sur la grande roue place Bellecour. "En tant que lyonnaise, je connais l’importance de la Fête des lumières ici, c’est une grande fierté d’y participer" s’enthousiasme la jeune fille.

Coline Lavie, jeunes talents de la Fête des Lumières 2018 © Tim Douet

Le second projet, porté notamment par Coline Lavie, propose un parcours lumineux de 11 modules qui, utilisant des rubans lumineux déjà existants, révèlent des motifs inspirés du tissage grâce à des cubes composés de pailles en plastique colorées. "Notre concept retranscrit l’impression d’une visite lumineuse au musée. C’est un clin d’œil aux musées lyonnais. La balade accompagne le visiteur jusqu’à la vue panoramique sur la ville." Les 14 constructions des étudiants seront visibles sur l’esplanade Saint Pothin et dans le jardin André Malraux (Lyon 5).

Des œuvres expérimentales

De leurs côtés, des étudiants de la licence éclairage de l’Université Lyon III ont travaillé avec ceux de la filière architecture de l’Université de Leipzig et des élèves en master de l’institut CINETic de Bucarest, dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Français pour la saison croisée France-Roumanie 2019. Ensemble, ils ont créé plusieurs installations lumineuses en lien avec les contraintes végétales et architecturales du jardin André Malraux.

Jean-Pierre David © Tim Douet

D’autres projets dits « émergents » sont présentés dans d’autres lieux de Lyon. Ils permettent à des artistes de se tester sur des innovations techniques. Ce sera le cas avec l’œuvre Tensegrity, située au quartier Grolée – rue du président Carnot (Lyon 2), proposée par l’association Aérosculpture. Jean-Pierre David propose de revoir le principe de tenségrité : celui-ci permet à des éléments de tenir en tension par la seule pression de l’air. Sa structure se compose de six tubes fluorescents de cinq mètres, flottant dans les airs, en équilibre précaire. La seconde œuvre émergente a été créée par le studio parisien Chevalvert en coproduction avec le Mirage Festival. Rythmus rend visible les battements du cœur. Cette construction interactive, située place du Griffon (Lyon 1), reproduit en lumière le rythme cardiaque du ou des visiteurs qui touchent les tubes lumineux constituant la structure.

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