La Grotte des rêves perdus

Cachée aux yeux du monde depuis des milliers d’années, redécouverte par des spéléologues, la grotte Chauvet ne sera jamais ouverte au public. Dès lors, grâce à la magie du cinéma et de la 3D relief, Werner Herzog nous livre une exploration par procuration à forte charge émotionnelle.

Il y a 30 000 ans, alors que bisons, lions, rhinocéros, mammouths et autres chevaux foulent les terres ardéchoises, des artistes décident de donner vie à l’une des grottes de la région. Utilisant les reliefs de la roche, ils vont peindre, tracer, graver, des scènes magnifiques où tous les animaux semblent être en mouvement. A travers 420 figures, ils parviennent à nous dévoiler l’environnement de notre passé. Découverte le 18 décembre 1994 par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire, la grotte Chauvet ne sera pourtant jamais ouverte au public. Trop fragile, elle ne supporterait pas les visites, tandis que son sol recouvert de crânes d’ours, ne peut être foulé sans craindre de perdre des pièces d’exceptions.

Époustouflant voyage

Dès lors, avant l’arrivée d’une reconstitution-musée prévue pour 2014, le réalisateur allemand Werner Herzog nous permet de visiter à travers sa caméra. L’exercice est techniquement complexe : l’éclairage et le temps de tournage furent limités. Pourtant, malgré cela, Herzog parvient à nous offrir un fantastique voyage dont personne ne pourra ressortir indemne face à la beauté des lieux. Voyage dans le temps émouvant, la grotte des rêves perdus multiplie les images de fresques d’une beauté renversante. Les lieux sont si bien conservés que les scientifiques ont, au début, cru à un canular. Cette fraicheur se retrouve jusque dans le trait des représentations, donnant parfois l’impression de pouvoir ressentir l’artiste à nos côtés. Bien utilisée, la 3D réussie à nous faire mieux comprendre les fresques qui prennent vie en utilisant les reliefs. Cependant, la technologie a un coût : toujours peu maîtrisée, elle nuit à la beauté des dessins et assombrit les couleurs. Relief ou fidélité, il faudra donc choisir.

Comment gâcher la beauté…

La grotte Chauvet est un joyau d’exception, dont les simples images filmées à la lueur d’une torche se suffisent à elle-même pour déclencher une montée d’émotion et de magie. Loin de se contenter de cette formidable base, Herzog se sent obligé de nous imposer une maladroite voix-off que l’on aimerait ne pas entendre lorsque l’on reste abasourdi devant ce morceau d’histoire de l’humanité. De son côté, la musique envahissante ainsi que les bruitages plus qu’inutiles cherchent à donner encore plus d’émotion, alors qu’ils ne font que surligner ce qui est déjà splendide. Enfin, le Post-Scriptum incompréhensible et déconnecté termine malheureusement le film sur une note trop décalée. Malgré ces défauts, la splendeur de la grotte, ainsi que les pertinentes interviews scientifiques prennent toujours le dessus. Plongée dans un temps que l’on connait encore assez peu, la grotte des rêves perdus n’est peut-être pas parfait, mais son sujet l’est tellement que l’on oubliera les maladresses pour ne se contenter que de son essence pure. 30 000 ans après, nos ancêtres nous parlent encore, nous dévoilant notre passé, mais aussi notre avenir.

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1 commentaire
  1. jeanluc - 2 septembre 2011

    Quand on se permet de critique un cinéaste tel que Werner Herzog, qui a produit des chefs-d'oeuvre tels qu'Aguirre ou Fitzcarraldo, on essaie au moins d'avoir une orthographe correcte!!! AU MOINS 6 FAUTES DANS UN PARAGRAPHE... Prenez des cours, M Deligia, puis revenez essayer de saisir l'essence de l'oeuvre de M Herzog...

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