L'Original, le plus grand festival hip hop français

Un phénomène en surface difficile à expliquer compte tenu d'une incapacité tenace pour les groupes de la région à s'exporter sur le reste du territoire.

Pourquoi n'y a-t-il pas eu un IAM ou un NTM Lyonnais ?
C'est la grande inconnue lyonnaise ! Ce qui reflète le hip hop au regard des gens, ce sont les rappeurs. On n'a pas de porte drapeau. Ce qui manque peut-être à Lyon c'est une culture de l'entreprenariat et des structures. Il y a des artistes rap un peu partout mais après, il faut organiser, manager, construire, promotionner... et ça, on ne sait pas faire. Par contre, il y a une véritable tradition lyonnaise de danse hip-hop. On a été les premiers avec Traction Avant. Ensuite il y a eu Käfig et, aujourd'hui, il y a le Pokemon Crew.

Comment monter une programmation avec la multitude de courants qui traversent la culture hip hop ?
Si je montais l'Original pour moi, il n'y aurait que des groupes de 1988 à 1996, le fameux âge d'or ! Mais le festival, il est pour ceux qui viennent y assister. Il y a une grosse demande, très diversifiée. Le hip hop a 20 ans et sa scène est large et segmentée. Il y a ceux qui vont écouter du rap français Skyrock, d'autres du rap indé, d'autres du rap acoustique ou électro, du rap ricain New-yorkais, West Coast, Bling-Bling... Certains publics se mélangent, d'autres non. Nous, on veut être une vitrine de toutes ces mouvances.

Le festival a-t-il aujourd'hui à Lyon la place qu'il mérite ?
Après le succès de la première édition et malgré les promesses, on a eu une réduction de 40 % de la subvention accordée par la Ville. Quand tu as un événement qui est perçu comme un art populaire avec des jeunes qui ont moins de pouvoir d'achat, il faut peut-être faire quelque chose. Moi, j'avais envie que la Ville me dise : "Bon, le festival a bien marché, on a observé que vous aviez un large public métissé avec des jeunes de banlieue, des jeunes du 6e, des blancs, des noirs, des jaunes, des riches, des pauvres, des femmes, des mecs, des 10 ans, des 50 ans...". Dans un contexte de segmentation et de communautarisme, c'est peut- être à encourager ce genre de manifestation. Je ne vois pas que l'aspect artistique, il y a un enjeu citoyen. Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre. On a retrouvé la subvention originelle et le festival suscite de plus en plus d'intérêt et de sympathie venus d'horizons très divers. C'est un constat, plutôt encourageant !

Festival l'Original #5. Du 2 au 13 avril un peu partout à Lyon. 06 99 30 70 19 ou www.loriginal-festival.com

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