L'amour de l'or

Avec Matthew McConaughey, Kate Hudson, Donal Sutherland. 1h51

Du cabotage au cabotinage il n'y a guère que deux lettres. Le thème de L'Amour de l'Or, une histoire de chasse au trésor en bateau permet à Matthew McConaughey de faire les deux. Car voilà le beau Mac encore embarqué dans une sacrée galère. Même si cette galère est le yacht d'une sorte de vieux beau(lloré) (Donald Sutherland) offrant à sa fifille désoeuvrée une chasse au trésor. A ses débuts dans le magnifique Lone Star de John Sayles, western contemporain auteurisant, on annonçait très sérieusement McConaughey comme le nouveau Paul Newman. Regard bleu lazuli, classe, détachement, présence, tout y était. Depuis, Mac a pourtant surtout enchaîné les nanars : Emprise, Comment se faire larguer en 10 leçons, Sahara, U-571 et on en passe. Au fil de cette filmographie, l'acteur a développé un potentiel comique intéressant mais pas toujours volontaire qui lui permet d'incarner les personnages les plus improbables. Son chef d'oeuvre : Le Règne du feu, où il est un Marine überviril tueur de dragon (dans Le Règne du feu, les dragons sont devenus les maîtres du Monde et les hommes se terrent, sauf Mac qui s'est rasé la tête et fume des barreaux de chaise sur un tank). L'Amour de l'or n'arrangera pas ses affaires : son Finn est un mélange de Pierre Richard enfin musclé et du regretté Olivier Chiabodo, l'animateur aventurier du Trésor de Pago-Pago. Chasseur de trésor plus aimanté par les emmerdes que par les pièces d'or, Finn se débat entre un divorce, la quête d'un butin espagnol du XVIIIe et un gangsta-rapper grotesque à qui il doit la peau des fesses. On ne sait pas grand-chose de ce grand enfant mal fagoté, hors les prouesses sexuelles soulignées jusqu'au lourdingue par son ex-femme qui pourtant le déteste (Kate Hudson, au taquet en jeune femme agacée par son neuneu). Un clin d'œil probable au fait que le Texan est régulièrement moqué pour ses apparitions crypto-nudistes dans la plupart de ses films. Manie qui conduit certains critiques américains à penser qu'il ne joue plus guère qu'avec ses abdos. Cruel ? Pas tant que ça à voir L'Amour de l'Or, idiotie sans nom commise par les scénaristes d'Anaconda 2 (quand même !) et joué par des acteurs au comble de l'embarras. On se demande même si le grand Donald Sutherland, qui ne ménage pas ses efforts pour rester digne, n'a pas été filmé directement sur son propre yacht, en flagrant délit de retraite bien méritée. Gimmick comique à la longue, la fille écervelée du milliardaire Sutherland ne cesse de demander avec inquiétude à ses acolytes : " vous me trouvez stupide ? ". Lesquels échangent alors regards embarrassés et haussements de sourcils, disent que bien sûr que non mais pensent le contraire. Comme si le film lui-même leur posait la question. Face à ce type de questionnement, la présence de McConaughey est malheureusement devenue un indice confondant.

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut