l’Étrange festival au comœdia : Du bon, du brut, du bis

Cinéma. Avec un budget minimal, l’équipe de Zone Bis prépare la troisième mouture de son Étrange Festival toujours soutenu et accueilli par le cinéma Comœdia. Cette année encore, on nous promet du bon, du bis, de la rareté. Du petit film d’auteur au chef d’œuvre inconnu de derrière les fagots.

Avec plus d’une vingtaine de long-métrages programmés sur une semaine, du 31 mars au 6 avril prochain, au Comœdia, l’association Zone Bis nous démontre que l’on peut faire beaucoup avec peu. Forte de ses 3200 euros de subventions privées, la structure continue, envers et contre tout, son travail de promotion du cinéma bis, soit tout un pan du 7e art parfois bien difficile à définir. “Même entre nous on se demande toujours ce qu’est le bis, sourit Cyril Despontin, le directeur du festival. Pour moi, c’est le film de genre en général. Tous les films qui prennent un postulat déjà-vu dans le 7e art et qui vont, sur un même sujet, emprunter des voies déviantes que le cinéma classique ne montrera pas”. Une vision qui fait aujourd’hui de plus en plus d’émules. Lors de sa dernière édition, quelques 2000 curieux et autres aficionados se sont pressés au rendez-vous. Un succès que l’on doit, en grande partie, à l’énergie dépensée par une dizaine d’érudits bénévoles, toujours sur la brèche pour dénicher des raretés du monde entier.

Festival Low-cost
L’étrange festival survit essentiellement grâce au bon vouloir de quelques mécènes privés. De son côté, le Comœdia, qui participe grandement à faire vivre la manifestation, gère le prix des copies, leur transport, le fonctionnement des séances et reçoit, en échange, 100 % des recettes du festival. Cyril Despontin regrette cruellement le désintérêt des collectivités locales, pourtant sollicitées dès la première édition en 2008, qui ne versent pas le moindre centime à l’événement. Pas de quoi décourager l’équipe qui nous promet encore cette année de beaux moments de cinéma à travers six avant-premières avec, entre autres, The Countess, de Julie Delpy. Trois thématiques de trois films dont une sur Alice au Pays des Merveilles, une autre sur le cultissime réalisateur américain Paul Bartel et une dernière sur le mouvement de panique. Également au programme, du film de ninja, du porno, du documentaire, du court-métrage et de l'invité de prestige dont Yolande Moreau et Gustave Kerven, qui viendra présenter sa dernière œuvre réalisée avec son compère de Groland Benoît Delépine.

Le top five de l’équipe organisatrice
• Accidents Happend, d’Andrew Lancaster (2009)
Parce que le film, méconnu, est un subtil mélange entre Donnie Darko et Final Destination.
•Valerie a Tyden Divu, de Jaromil Jires (1970)
Parce que le film est visuellement splendide et qu’il mérite d’être découvert en salle.
•Viva la Muerte, de Fernando Arrabal (1971)
Parce que le pamphlet libertaire d’Arrabal n’a pas pris une ride en 2010 et que, là aussi, c’est un film rare.
•Eating Raoul, de Paul Bartel (1982)
Parce que Paul Bartel est juste génial et que cette comédie est un bijou.
•Marvel 14, Les Super-héros contre la censure, de Philippe Roure & Jean Depelley (2009)
Parce que c’est un excellent documentaire sur un sujet peu abordé et dont la trame se passe essentiellement à Lyon.

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