Iron Man, de John Favreau

Action. Etats-Unis. 2h05.

Tony Stark, inventeur de génie, vendeur d'armes et playboy milliardaire, est kidnappé en Afghanistan. Forcé par ses ravisseurs de fabriquer une arme redoutable, il construit en secret une armure high-tech qu'il utilise pour s'échapper. Il décide de l'améliorer et de l'utiliser pour faire régner la justice et protéger les innocents.

Comme un président bling-bling qui découvrirait la pauvreté en allant dîner chez des Rmistes, le marchand d'armes milliardaire un peu barge Tony Stark fait l'expérience de l'horreur de la guerre quand il est pris en otage dans une grotte d'Afghanistan. Une fois évadé, Stark devient simultanément, et paradoxalement, pacifique et super-héros. Autre paradoxe malin : c'est lorsqu'un éclat d'obus le laisse avec un trou au niveau du palpitant que Tony Stark se découvre un cœur. Stimulé, il est vrai, par une pile atomique qui le maintient en vie en même temps qu'elle alimente sa super armure faite d'or (ultime concession à cette existence bling-bling) et de titane (symbole de solidité). Stark balance ainsi entre le poids de la mission qui s'impose à lui (sauver le monde) et la jouissance ludique qu'il en retire. Iron Man n'est certes pas le film de super héros le plus original ni le plus exigeant qui soit (en dépit d'effet spéciaux époustouflants) : on y retrouve même les éternels ingrédients du genre (la secrétaire secrètement amoureuse, l'associé Judas, la morale toujours sauve). Mais Robert Downey Jr., en cabotin soyeux, rend son héros infiniment drôle et humain. Ce d'autant plus que le destin de ce milliardaire flambeur et cynique en quête de réhabilitation peut être vu comme le reflet de sa propre carrière. Promis à la gloire par la grâce d'un talent hors-norme, Downey Jr. succomba un temps à tous les pièges d'Hollywood : drogue, sexe, alcool, armes à feu, prison. Avant la rédemption. L'armure d'Iron Man était donc taillée pour lui. Loin d'être invulnérable sous la coque d'acier, sa part de fragilité offre une profondeur inédite au (super) héros : moins hétéro-beauf que Wolverine, moins goth que Batman, moins couillon que Spider-Man. Juste un super héros bien dans ses baskets à réaction, pour qui faire le bien consiste d'abord à s'assumer.

Kevin Muscat

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