Lyon Capitale n°156
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Il y a 20 ans : titanesque !

IL Y A 20 ANS DANS LYON CAPITALE – Fin 1997, Titanic sort aux États-Unis et explose tous les records du box-office. L’histoire du plus célèbre naufrage au monde se retrouve dans les salles lyonnaises en janvier 1998, déclenchant un engouement sans précédent.

Lyon Capitale n°156, 29 janvier 1998, © Lyon Capitale

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Début 1998, les cinémas de la Presqu’île jubilent. En un mois, plus de 134 000 personnes se ruent dans les salles sombres pour voir Leonardo Di Caprio et Kate Winslet tendre les bras sur la proue du Titanic. Les salles lyonnaises affichent complet pendant plusieurs semaines et doivent bouleverser leur organisation habituelle pour faire face à la demande. Comme dans un grand restaurant, les cinémas de la Presqu’île doivent même refuser du monde et organiser des temps de battement de plus d’une heure entre les séances pour gérer l’affluence. Il faudra plus de dix ans pour qu’un film dépasse les recettes engrangées par le classique de James Cameron. Douze ans plus tard, le nouveau record est signé… James Cameron. Avec plus de 2,7 milliards de dollars de recettes, Avatar détrône en 2009 Titanic en générant 600 millions de dollars de plus.

Lyon Capitale n°156, 28 janvier 1998, p. 7 © Lyon Capitale

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Un article paru dans Lyon Capitale n°156 le mercredi 28 janvier 1998, signé par Sandrine Boucher.

Titanesque !

Du jamais vu ! Titanic, parti pour intégrer le cercle restreint des films ayant totalisé plus de 10 millions d'entrées en France, est plébiscité à Lyon depuis sa sortie, le 7 janvier. Les douze plus grandes salles de la ville dans lesquelles il est diffusé refusent du monde soirs et week-ends. Et ce n'est pas fini.
Les files d'attente interminables, des salles qui ne désemplissent pas pendant trois semaines, un engouement qui touche l'ensemble de la société, 'du lycéen au retraité... Il faut remonter à Autant en emporte le vent, réalisé en 1939 ( !) pour observer un événement comparable à celui créé par le dernier film de James Cameron, Titanic, sorti le 7 janvier. Certes, il n'est pas rare de voir des films obtenir des résultats record lors de leur sortie. Mais ces "blockbusters", en général des productions hollywoodiennes, font souvent un "carton" aussi spectaculaire qu'éphémère. Ainsi, Le Cinquième élément, numéro un du box-office de l'année 97, avait engrangé 52 000 entrées à Lyon en première semaine contre 47 000 pour Titanic. Mais le rapport s'est inversé dès le mercredi suivant. Le Cinquième élément chutait alors à 38 000 spectateurs par semaine, puis à 22 000, pour se retrouver à 18 000 entrées au bout d'un mois. Phénomène rarissime parmi les films commerciaux, Titanic suit au contraire une courbe ascendante. Le film de James Cameron a ainsi amélioré son score de plus de trois mille spectateurs entre sa première et sa deuxième semaine d'exploitation pour totaliser près de 100 000 entrées lyonnaises en quinze jours. "Il devrait faire partie du club historique des films totalisant plus de 10 millions d'entrées en France", avance Charles Oostenbroek, responsable de la promotion du film en province. UFD, le distributeur de Titanic, qui a dû faire fabriquer 200 copies supplémentaires du film, est le premier surpris par l'accueil enthousiaste du public. Il s'attendait à des résultats comparables à
Danse avec les loups, 500 000 spectateurs français en deux semaines, alors que Titanic devrait avoir totalisé 5 millions d'entrées ce mercredi 28 janvier. "Pour un film de cette durée, c'est exceptionnel", conclut Charles Oostenbroek. En effet : plus le film est long, moins il y a de séances dans la journée, moins le film totalise de spectateurs à la fin de la semaine. "Si Titanic était un film d'une heure trente, ce serait le jackpot", note Joël Luraine, le directeur du Pathé. Ce handicap pourrait cependant bien devenir un atout. En effet, contrairement aux œuvres plus courtes qui "épuisent" rapidement leur public potentiel, Titanic, diffusé à raison de trois au lieu de six séances par jour, devrait pouvoir s'installer dans le temps. Et quand on sait que plus un film reste longtemps dans les salles, mieux le bouche-à-oreille fonctionne, on peut être sûr que cette épopée romantico-marine n'est pas près de quitter l'affiche...

Pas de panique dans les cinés

Reste aux cinémas lyonnais à gérer l'affluence d'un public qui fait parfois 40 kilomètres pour voir le film. Le Pathé, malgré ses deux copies, affiche un taux de remplissage record de 95 % pour les séances du vendredi soir au dimanche soir, de 85 % les soirs de semaine et d'un peu moins de 70 % en moyenne. A titre de comparaison, le taux d'occupation des salles d'un complexe cinématographique en bonne santé tourne autour de 25 à 30 %, toutes séances de la semaine comprises. Et il monte à 40 % pour un film particulièrement porteur. L'UGC Ciné-Cité qui possède également deux copies de Titanic qui lui permet de diffuser le film dans 3 salles. Et tout est plein. "Même en offrant 850 places les samedis et dimanches matin, on refuse du monde. Et on en proposerait le double, ce serait pareil", estime Luce Siguier, directrice d'UGC Ciné-Cité qui a volontairement limité à 50 % le nombre de réservations par téléphone pour les séances du week-end. "Nous pourrions vendre toutes nos places à l'avance mais nous n'aurions plus rien à proposer aux spectateurs qui se présentent chez nous." Malgré la foule, ce n'est pas trop la panique. "Les gens sont excités, forcément, puisque tout le monde veut voir le même film en même temps", remarque Anouly, caissière au Pathé. "Il y a beaucoup de bouchons aux caisses. Quand on annonce que la séance est complète, c'est un peu la pagaille mais les spectateurs achètent quand même leur place et se reportent volontiers sur la séance suivante. Je suis très surprise de la patience du public qui attend parfois une heure sans problème." Une heure de battement (au lieu d'un quart d'heure habituellement) est prévue entre deux projections pour organiser l'entrée dans la salle, qui se fait par "vague" de 30 à 40 spectateurs. Pour les séances particulièrement chargées, on conseille aux spectateurs de venir une demi-heure, voire une heure ou une heure et demie à l'avance. La seule solution pour être sûr de pouvoir rentrer réserver sa place à l'avance, les salles de cinéma ne pouvant pas vendre plus de tickets que la salle ne comporte de fauteuils, vous êtes au moins sûr de voir le film. Ce qui ne permet pas, au spectateur qui veut être correctement placé de pointer le bout de son nez au moment des pubs puisque, réservation ou pas, le principe reste le même : les premiers arrivés sont les premiers assis. Bonne chance...
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