Ensemble Correspondances : place à la musique sacrée du XVIIè siècle

Mercredi 26 octobre, Temple Lanterne. L’Ensemble Correspondances éblouit le public avec L’Archange et le Lys, un programme issu de leur second album -paru il y a quelques semaines-, et qui se saisit du répertoire de musique sacrée d’Antoine Boesset, éminent compositeur au temps de Louis XIII.

Après un premier enregistrement captivant qui offrait une plongée dans des pièces inédites du compositeur Marc-Antoine Charpentier, l’Ensemble Correspondances, fondé par Sébastien Daucé, a poursuivi son travail de défrichage du répertoire français du XVIIè siècle, avec Antoine Boesset, dont le public averti connaissait déjà les compositions profanes, mais ignorait tout de son œuvre de musique sacrée. "Comme notre premier travail consacré à Charpentier, ce projet autour du recueil Deslauriers et d’Antoine Boesset, nous a mobilisés plusieurs mois. Il est particulièrement exaltant pour des musiciens d’aujourd’hui […] de découvrir un territoire encore inexploré et d’une telle richesse", confie Sébastien Daucé, directeur musical et organiste de l’ensemble, au sujet de L’Archange et le Lys. Consacré au répertoire sacré de Boesset et plus particulièrement à une messe et des motets, cet opus a nécessité de nombreuses recherches sur un manuscrit d’époque conservé à la Bibliothèque nationale de France.

L’enregistrement surprend par le caractère étonnamment accessible de l’œuvre où se côtoient un quatuor vocal féminin, teinté de rondeur et de pureté, et les instruments d’époque (violes de gambe, basse continue, flûtes, virginal, orgue). Enregistré dans une église, l’album parvient à une époustouflante harmonie entre les musiciens -propice à amplifier la dimension sacrée de la partition-, et la prise de son, d’une qualité inouïe, permet de bien distinguer chaque voix et chaque instrument qui se détachent et hypnotisent ainsi, laissant entrevoir un fabuleux travail d’écriture polyphonique. Poétique, profond et lumineux, le programme en concert s’avère tout aussi séduisant, l’impression de plénitude demeure et se révèle captivante, les musiciens ont un réel plaisir à jouer ensemble et témoignent d’une grande générosité envers le public.

"Les pièces choisies pour ce programme s’articulent autour de l’épisode de l’annonce faite par l’archange Gabriel à la Vierge Marie de la naissance du Christ. S’y trouvent donc mêlés des motets et antiennes propres à cette fête, ainsi que certaines citations du Cantique des Cantiques. Ces pièces offrent un bel aperçu de l’art de composer d’Antoine Boesset : on y trouve des formes strophiques d’une grande simplicité ; des psaumes ou cantiques responsoriaux mettant en jeu une voix contre toutes les autres, alternant des passages solistes et des ensembles ; des démonstrations somptueuses de contrepoints", analyse Sébastien Daucé. Sa recherche musicale d’une précision historique sans faille, laisse place à une interprétation pleine de grâce et de sensibilité qui laisse entrevoir une réelle passion pour ce répertoire -injustement méconnu-, d’une beauté immédiate et touchante.

Lors de notre dernière rencontre avec le musicien, il s’était réjoui de constater que "lors des concerts, la musique sacrée du 17è siècle permet aux spectateurs d’être dans un autre rapport au temps et d’apprécier simplement la beauté et la profondeur de la musique et des textes". Au Temple Lanterne, en ce 26 octobre, l’Ensemble Correspondances avait, il est vrai, réussi à ouvrir une porte sur un autre temps et offrir un moment de musique rare, d’une profonde densité et d’une infinie beauté. L’ensemble prouve avec brio que le XVIIè siècle n’a pas encore livré tous ses secrets et ses trésors musicaux…

Les prochains concerts et l’actualité de l’ensemble : http://www.ensemblecorrespondances.com

CD : L’Archange et le Lys, Messe et Motets d’Antoine Boesset, Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé. Zig-Zag Territoires.

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