War Requiem 1
© Stofleth (photo de répétition)

Un Requiem contre les guerres à l’opéra de Lyon

L’Opéra de Lyon ouvre sa saison avec une œuvre qui n’est pas strictement un opéra. Le War Requiem de Benjamin Britten n’est pas non plus une messe classique, mais bien un manifeste anti-guerre. Première ce lundi soir, avec Daniele Rustioni à la baguette.

Ouverture de saison, ce lundi, à l’opéra de Lyon. Au programme, le War Requiem de Benjamin Britten. Comme son nom l’indique, c’est une messe des morts, mais d’un genre à part, non liturgique : les mouvements traditionnels de la messe des morts sont entrecoupés (voire mêlés à) des poèmes de Wilfred Owen, poète britannique qui composa une grande partie de son œuvre sur le front pendant la Première Guerre mondiale, dont il ne connut même pas le dénouement puisqu’il s’éteignit avant l’armistice.

Le projet de Britten : combattre la violence

Créée le 30 mai 1962 lors de l’inauguration de la nouvelle cathédrale de Coventry (détruite pendant la Seconde Guerre mondiale par des bombardements), l’œuvre avait été spécialement commandée à Benjamin Britten pour l’occasion. Loin d’une exaltation de la victoire des alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, son War Requiem rejette en bloc l’idée même de guerre et son atrocité : un manifeste contre la guerre, contre toutes les guerres, une œuvre non pas destinée à apaiser mais à combattre la violence infligée aux peuples, victimes des manœuvres impérialistes des haut placés.

Un trio européen

Composé pour trois solistes (soprano, ténor, baryton), un chœur, un chœur d’enfants et deux orchestres (un grand et un de chambre) auxquels s’adjoint l’orgue, War Requiem est ici mis en scène par Yoshi Oida. Daniele Rustioni, le nouveau chef de l’opéra, en assure quant à lui la direction musicale. Pour rendre hommage à l’acte militant, de la part de Britten, d’attribuer les trois rôles de solistes à trois chanteurs issus de nations ennemies durant la guerre (la Russie, l’Angleterre et l’Allemagne), la distribution de l’Opéra de Lyon réunit le baryton Jochen Schmeckenbecher, le ténor Paul Groves et la soprano Ekaterina Scherbachenko.

Un Requiem qui nous rappelle que les guerres n’appartiennent pas qu’au passé et continuent chaque jour, de par le monde, à décimer des populations.

War Requiem – Du 9 au 21 octobre, à l’opéra de Lyon.
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