Jean-Louis Foulquier, un copain d’abord

Jean-Louis Foulquier s’est éteint hier à l’âge de 70 ans. Les amoureux de la chanson française et de la radio ne l'oublieront pas.

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans… En ce temps-là, on fabriquait nous-mêmes nos chaînes hi-fi, avec le matériel acheté dans la boutique du coin et quelques plans sommaires. On écoutait la voix chaude et amicale de Jean-Louis Foulquier, la voix d’un copain. Copain des auditeurs, copain des artistes et de la chanson française.

Dès que l’on entendait les premières notes d’Europa, de l'Argentin Gato Barbieri, qui servit de générique à son émission Pollen sur France Inter pendant près d’un quart de siècle, on basculait dans une autre dimension, celle des rêves.

Il nous fit découvrir Higelin, Lavilliers, Thiéfaine, CharlÉlie Couture, Renaud… Ce n’était jamais obséquieux, Foulquier aimait les artistes et ça s’entendait, ils le lui rendaient bien d’ailleurs, par de longs bœufs extraordinaires, en direct. De beaux moments de radio, de musique et d’amitié, pour le plus grand bonheur des auditeurs qui participaient à la fête, en toute intimité.

La simplicité des grands bonhommes

Foulquier est le type qui personnellement m’a donné envie de faire de la radio, avec Jacques Chancel et son Radioscopie, José Artur et son Pop-Club. Rien d'original, nous sommes sans doute des centaines dans ce cas. En ce temps-là, le Fouquet’s était synonyme de culture, d’intelligence et de partage. On copiait tant bien que mal ces grands bonhommes, on s’essayait, le week-end, à faire ce qu’on appelait de la “radio libre”, on n’avait pas un rond, c’était le début des années 1980, on passait nos nuits dans les studios, on jouait à peu près tous dans un groupe de rock, on refaisait le monde, on n’avait besoin de rien d’autre, on se savait éternels.

En 1985, Foulquier créa les Francofolies, à La Rochelle, sa ville chérie et adorée. Au fil des années, le festival, dont il s’occupera jusqu’en 2004, deviendra un rendez-vous musical incontournable, s’exportant même à l’étranger, au Québec, en Argentine ou encore en Belgique. Cet infatigable découvreur de talents n’hésitera pas à faire des incursions dans le hip-hop et l’électro. Pour tout cela, simplement merci. Laissons le dernier mot à Jacques Higelin, pour une épitaphe qui aurait sans doute fait sourire l’ami Jean-Louis :

“Suis arrivé tête en premier

Nu comme un ver et grelottant

Repartirai les pieds devant

Dans le même état, Riez pour moi”

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