Lyon Capitale n°162
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Il y a 20 ans : On se mêle de tout

IL Y A 20 ANS DANS LYON CAPITALE – Qui dit qu’information rime avec sérieux ? La satire c’était le dada de Lyon Capitale dans la rubrique “On se mêle de tout”.

Lyon Capitale n°162, 11 mars 1998 © Lyon Capitale

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En 1998, on rigole bien dans les locaux de Lyon Capitale. Entre deux articles de fond bien sentis sur l'actualité, on se permet de jouer les commères lyonnaises en fin de journal. En mars de la même année, on s'amuse de l'OL qui vend une licence à un salon de coiffure, des noms de partis quasi identiques à Villeurbanne ou des déboires de Charles Pasqua. La maire du 7e arrondissement Marie-Chantal Desbazeille, qui se fait interviewer par le magazine Strip-Tease fait aussi doucement rigoler. Enfin et comme à chaque fois dans la rubrique satirique, Catherine B fait part aux lecteurs de son humeur de la semaine, toujours aussi tranchante sur l'actualité.

Lyon Capitale n°162, 11 mars 1998, p. 23 © Lyon Capitale

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Un article publié dans Lyon Capitale n°162 le mercredi 11 mars 1998.

On se mêle de tout

Des dé(con)combres
"La perte de Ille de France serait un tremblement de terre", a déclaré Charles Pasqua. Pourvu qu'il ne soit pas écrasé sous les décombres. C'est tout ce qu'on lui souhaite.
Morts de tire
Top les candidats aux municipales de Villeurbanne Et imaginatifs Daniel Rendu a dénommé sa liste : "Réussir Villeurbanne" et Gilbert Chabroux : "Rassembler pour Villeurbanne". Quant à Rémi Fougue, il gagne le pompon et rafle la mise avec "Rassembler pour Réussir Villeurbanne".
Les "ex" de Villeurbanne
On se souvient de l'ex-femme d'Hernu et de son soutien au RPR Marc Fraysse. On vient de découvrir que l'ex-femme de Marc Fraysse roule désormais pour Rémi Fougue, le candidat proche de Chabert, celui qui a battu son mari aux législatives. Les "ex" à Villeurbanne ont la dent dure...
Coupe au bol pour l'OL
L'OL aurait vendu une licence à un salon de coiffure lyonnais, qui devrait s'installer prochainement place Bellecour. Le coiffeur officiel de l'OL pourrait s'exercer directement sur la tête des joueurs pour assurer la promotion de sa boutique : brushing pour Daniel Bravo, petit balayage de mèches blondes pour Jean-Michel Aulas, et chignon au henné pour Pedros. Comme ça on est sûr que l'OL aura gagné une coupe cette année.
La liste des 7 familles
Rémi Fougue, promoteur immobilier proche d'Henry Chabert, présente une liste dissidente pour les municipe-pales de Villeurbanne. Non content de foutre le bordel à droite et de donner une chance supplémentaire au FN d'être au second tour, Rémi Fougue a composé une équipe qui a de quoi faire marrer la France entière. En fait sa liste se compose principalement de sa famille (femme, neveu, fils) et de celle de Patrice Ranchon et Louis Chargueros. Et il a gardé le meilleur pour la fin, puisque l'ex-femme de l'ex-député de Villeurbanne, Marc Fraysse, vient clôturer cette liste familiale. Bizarre qu'il n'ait pas penser à mettre l'ex-secrétaire de Roland Dumas, cela aurait été du plus bel effet...
Quand la mairie de Lyon rêve d'une victoire de la gauche
La mairie de Lyon semble rester complètement frigide face au débat sur les régionales. Les soutiens sont mesurés voire inexistants de la part de l'équipe barriste. Charles Millon est d'ailleurs furieux devant tant de passivité. Et pourtant, en y regardant d'un peu plus près, la droite lyonnaise a tout intérêt à ce que Charles Millon se prenne une tôle. Raymond Barre sera vengé de l'affront que le président de la Région lui a infligé en refusant de placer en position d'éligible deux candidates auxquelles il tenait particulièrement. En plus il s'entend très bien avec Jean-Jack Queyranne. Henry Chabert et Christian Philip verraient également d'un assez bon œil la liste de droite mordant la poussière. Défait de son poste à Charbonnières, Charles Millon aura beaucoup plus de mal à prétendre à la succession de Raymond Barre. Dans la foulée, la défaite de la liste UDF-RPR atténuerait l'audience d'Alain Mérieux (second sur la liste) qui par son attitude d'électron libre, a une fâcheuse tendance à agacer le maire de Lyon. Bref, si Millon perd dimanche y'en a un paquet à droite qui vont se frotter les mains.
Jacky fait des rêves
La liste de gauche pour les régionales n'a jamais senti d'aussi près le parfum de la victoire. Jean-Jack Queyranne doit déjà rêver à son fauteuil de président : " Sur l'étagère je mettrais mon coquillage de Wallis et Futuna, je ferais poser un tapis en coco des îles, j'accrocherais mon string au porte-manteau, je bourrerais le frigo de bouteilles de rhum, et j'accrocherais au mur mon diplôme de ministre des DOM-TOM".
Intermédia, en progrès
Dans intermédia, lettre confidentielle hebdomadaire sur le monde de la pub et des médias, Jacques Simonet nous fout une charge dans son édito deux semaines d'affilée. Si le premier avait un vague relent bête et méchant, le deuxième ne manquait pas d'humour et nous a particulièrement fait marrer, en nous traitant de "petits notables aussi ridicules que Raymond Barre". Comme quoi Jacques Simonet devrait toujours faire des brouillons avant d'écrire ses éditas, ils n'en seraient que meilleur...
A poil Marie-Chantal
Marie-Chantal Desbazeille, maire du 7e arrondissement, n'en finit pas de faire des adeptes. Tous les médias se l'arrachent et lors du dernier conseil municipal, toutes les caméras étaient braquées sur elle. Et pour cause, l'excellent magazine Strip-tease diffusé sur France 3, est en train de faire un reportage exclusivement sur notre bouillonnante élue. Pendant plusieurs semaines elle va vivre avec une caméra à ses côtés. Mais il y a une chose qui angoisse le cabinet du maire :" Vous vous rendez-compte si elle se met à dire des grossièretés sur Raymond Barre ou Christian Philip, elle a déjà du mal à se retenir en temps normal mais devant une caméra il pourrait bien lui venir l'envie de se lâcher I". Allez Marie-Chantal, fais-nous marrer !
Internet : la Fête à Neu-Neu
L'édition de la Fête de l'Interne visant à démocratiser le réseau aura lieu dans toute la France les 20 et 21 mars. Non content du sabotage artistique de l'affiche lyonnaise de la Coupe du Monde de foot. La ville de Lyon, aidée de quelques fossoyeurs de la créativité publicitaire, récidive avec celle de la Fête du Net. La vague en toile de fond de l'affiche, symbolique du "surf", fait dans l'illustration primaire. Elle évoque plutôt une pub pour Tahiti-douche ou le dernier Alerte à Malibu. Mais le meilleur reste l'organisation à l'atrium de l'Hôtel de Ville d'un cyberespace autour du vocable (officiel) de trois "pools" (culture, entreprise, découverte). Gageons que cela sera apprécié par le ministère de la Culture qui, pour l'occasion, présente la Nuit de la... Francophonie.

L'humeur de Catherine B.

Lorsque la vieillesse arrive, lorsque les années commencent à peser on se retourne sur des jours bien remplis où, la passion plein les mains, on transformait son enthousiasme en or. On avance à petits pas, on a peur du dehors, on se claquemure de peur d'être bousculé. La maison qui était ouverte aux quatre vents devient proprette, briquée, lisse : une demeure de retraité pas remuant. Il y a vingt ans on faisait des projets, des folies créatrices, on misait monts et merveilles sur des ébauches de génie. On s'emballait, on combattait, on voulait que le monde entier partage ses soifs, ses faims, ses amours et ses risques. On explorait en tous sens. Aujourd'hui on gère en notable une reconnaissance chèrement acquise. Roger Planchon, metteur en scène admirable, directeur du Théâtre national populaire qui fit les plus beaux moments de théâtre de la région lyonnaise semble avoir été rattrapé par le temps. Il est PDG du Cinéma national populaire, ensemble de cinémas qui font les belles heures des cinéphiles de Lyon. En 1993, il a racheté 1 600 actions des CNP à la veuve de Robert Gilbert. Il les paya 100 francs pièces. Il en possède aujourd'hui 2 300 sur 2 500 du capital total. Roger Planchon a décidé de revendre les CNP au prix de 1 500 francs par action, sans privilégier la garantie de perpétuation de leurs actions culturelles essentielles. Une plus-value juste, les CNP font un travail unique et admirable et cela n'a rien de scandaleux de vouloir faire à son tour des affaires financières dans un monde qui ne jure que par la rentabilité et l'argent. Les conduites que provoque sans doute l'âge chez ceux qui nous offrirent tant d'émerveillements serrent le cœur parfois... simplement.
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