Lyon Capitale n°156
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Il y a 20 ans : Les “gros” s’arrachent le cœur de la Presqu’île

IL Y A 20 ANS DANS LYON CAPITALE – Longtemps boudé par les grandes marques qui lui préféraient le centre commercial de la Part-Dieu, l’hypercentre lyonnais entre dans un tournant commercial sans précédent en 1998 avec l’installation de plusieurs grandes enseignes.

Lyon Capitale n°156, 29 janvier 1998, © Lyon Capitale

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Dans les années 1990, la rue de la Ré’ n’est pas encore le poumon commercial qu’elle est devenue. Les grandes enseignes s’installent lentement et le cœur de la Presqu’île a du mal à rivaliser avec la Part-Dieu. Pourtant, en 1998, la Presqu’île bénéficie d’un regain d’intérêt de la part des enseignes, qui s’implantent en masse entre Rhône et Saône. Aujourd’hui, hors cafés et hôtels, elle réalise environ 630 millions d’euros de chiffre en un an et rattrape patiemment la Part-Dieu et ses 752 millions d’euros. Cinq locomotives tirent l’économie de la zone : Zara, Monoprix, le Printemps, la Fnac et H&M. Avec les récentes installations d’Uniqlo ou encore du Hard Rock Café, la Presqu’île a désormais le potentiel pour dépasser le plus gros centre commercial de Lyon, avec le charme de la rue de la République en plus.

Lyon Capitale n°156, 29 janvier 1998, p. 2 © Lyon Capitale

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Un article paru dans Lyon Capitale n°156 le mercredi 28 janvier 1998, signé par Gilles Leluc.

Presqu'Île : les "gros" s'arrachent son cœur

Tati, en octobre dernier, Hippopotamus Le 25 février, Virgin Megastore en 99. Le cœur de Lyon bat à 100 à L'heure avec L'installation de trois gros poumons commerciaux. En attendant Le successeur des Galeries Lafayette et une locomotive pour la place des Terreaux, La Presqu'île est sur une pente ascendante même si son équilibre entre nord et sud n'est pas encore trouvé.
Avec les volontés successives de Monoprix puis des Galeries Lafayette de quitter le centre-ville, on pouvait se demander si les années 9596 ne préfiguraient pas le commencement de la fin pour l'activité commerciale dans l'hypercentre. Depuis une dizaine d'années, le bastion citadin devait et doit toujours se battre contre les assauts répétés des implantations commerciales en périphérie. Autre bataille, plus rapprochée, celle de la suprématie avec le centre commercial de la Part Dieu. Dans une récente étude de la chambre de commerce, ce dernier a engrangé en 96, dans le domaine du commerce non alimentaire, un volume d'achats équivalent à celui de la Presqu'île. Mais la presqu'île se sent retrouver des farces depuis que certaines grandes enseignes nationales et internationales du commerce intramuros se piquent d'un vif intérêt pour Lyon. Intérêt dont on peut d'ailleurs se demander pour quelles raisons il est si tardif. Néanmoins, ça y est ! Après la Fnac, Habitat et le Printemps, les "vieux de la vieille", la capitale des Gaules attire massivement les Tati, Hippopotamus, Virgin, voire bientôt Décathlon, C & A ou Marks and Spencer. Seul hiatus, le nord de la presqu'île n'attire pas encore les "gros", même si Décathlon a visité par deux fois la Galerie des Terreaux qui reste désespérément vide.

Virgin, 90 MF de travaux

Néanmoins, dans l'hypercentre, ça cartonne. Primo, Tati qui s'est implanté rue Grenelle en octobre dernier et qui a réalisé en un peu moins d'un trimestre des scores mirifiques, a déjà décidé de transformer l'essai par l'ouverture prochaine d'un Tati Or dédié aux bijoux. Deuxio, la fin de l'année 97 s'est soldée par une promesse de vente signée entre Cogefo, filiale du Crédit Lyonnais, et le groupe immobilier Sogelym-Steiner qui œuvre pour Virgin. L'objet de cette transaction est l'immeuble situé à l'angle des rues Grenelle et Président Edouard Herriot qui abritait l'agence ANPE Presqu'île jusqu'en 96 et dans lequel le Mégastore du livre et du disque va ouvrir 2 000 m2 de surface de vente en dans l'attente décembre 99 après avoir réalisé 90 MF de travaux sur six niveaux. Dans l'attente de cette ouverture, Virgin a posé un pion du côté de la gare de la Part Dieu par le biais d'une boutique de 150 m2 avec cédéroms, disques, livres et tutti quanti livrée sans doute pour le printemps. Tertio, autre enseigne de renom à être soudain séduite par la presqu'île, Hippopotamus s'installe en lieu et place du Savoy, rue de la République, dès février, en escomptant 350 couverts/jour sur 600 m2. "Nous avons une clientèle très liée au cinéma", explique le directeur général d'Hippo qui lorgne sur les cinéphages et le Pathé situé à quelques centaines de mètres. Et Bruno Amsellem d'expliquer que le spécialiste de la viande de bœuf qui fête cette année ses 30 ans d'existence se donne un an pour voir, avant, pourquoi pas, de tenter lui aussi quelque chose à la Part Dieu.

Les Galeries toujours dans l'attente

Avec l'arrivée officielle de Virgin et d'Hippopotamus, la presqu'île se sent donc pousser des ailes mais la prudence reste de mise. Pour les uns, Virgin Megastore est un formidable catalyseur. "Ça va assurément réjouir les propriétaires des murs" (des autres magasins, ndlr), commente très commercialement Jean-Louis Maier de la Fédération des vitrines de Lyon. Pour d'autres comme Roger Jayet de l'immobilière Concorde, "il faut être mesuré avec le succès de l'hypercentre". D'autant qu'"il y a une offre limitée par rapport à la demande" et si effet d'entraînement il y a, "il restera circonscrit à quelques rues alentour". Réserve qui n'est pas sans corrélation avec le cas posé par Les Galeries Lafayette susceptibles de laisser un "trou" à combler. Depuis deux ans qu'elles cherchent un repreneur, les Galeries situées aux Cordeliers seraient maintenant en mesure de débarrasser le plancher au plus vite (on parie de l'automne 98). La direction parisienne n'a pas voulu s'étendre sur le sujet bien qu'elle a reconnu son intérêt exclusif pour ses magasins de Bron et Part Dieu. Le départ des Galeries pourrait profiter à de grandes chaînes telles que C & A et Marks and Spencer qui ont été approchées par le bailleur, la Ville de Lyon. Hormis ce point d'interrogation, le commerce relève donc la tête en ce début 98. Sur la Presqu'île, il semble que les nouvelles enseignes qui s'installent ne doutent pas un instant que la reprise est bien là.
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