Exposition Marko Velk : l’errance au cœur des songes

La galerie Anne-Marie et Roland Pallade expose des œuvres au fusain et au pastel sec sur papier de l’artiste Marko Velk. Une exposition troublante qui propose une déambulation fantasmagorique au pays des rêves.

Virtuose du fusain, l’artiste Marko Velk -âgé d’une quarantaine d’années, il vit et travaille à Paris- s’exprime en noir et blanc déclinant des nuances infinies de gris dans des œuvres aux frontières de l’abstraction. Comme dans un rêve, les visions se superposent : têtes hurlantes, insectes inquiétants, animaux, personnages inconnus, visages et corps de femmes… Des obsessions, des habitants de l’inconscient aux contours troubles, presque effacés par le fusain brumeux qui transcende la métaphore du voile s’étalant sur les jaillissements de la pensée.

Ophélia et la dernière saison en enfer

Au milieu de ce bouleversant voyage dans l’indicible surgit un dessin monumental, celui d’Ophélia. "Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles/ La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, /Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...", écrivait Rimbaud. Marko Velk se saisit de la pâle Ophélie au fusain reproduisant la toile de John Everett Millais. Ici, les couleurs ont disparu, mais des écritures barrées se révèlent dans les profondeurs de l’eau où flotte la jeune femme au milieu de la noire immensité. L’artiste réinterprète le mythe et lui donne cette étonnante dimension onirique qui habite l’ensemble de son œuvre. D’un dessin à l’autre, l’angoisse de la souffrance et de la mort est omniprésente mais elle est submergée par la rêverie qui n’apparaît que très rarement cauchemardesque. Tel un vent mystérieux, l’œuvre de Velk conduit "jusqu’au seuil de l’ombre et du vide… jusqu’aux portes visionnaires, du ciel sacré". Des mots extraits des Contemplations de Victor Hugo ; en parcourant l’exposition, ce sont des poèmes qui reviennent à la mémoire tant Marko Velk tente de capturer l’insaisissable de l’esprit tel un poète sans mots. En sortant de la galerie Pallade, les dessins ne s’effacent pas de l’esprit, ils demeurent comme des questionnements qui touchent autant aux sensations qu’à la métaphysique.

Marko Velk, dessins, jusqu’au 26 mars à la galerie Anne-Marie et Roland Pallade, rue Burdeau, Lyon 1er.

www.pallade.net
www.markovelk.com

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