Au lendemain d'une cérémonie des vœux du 6e marquée par le coup de sang de Gérard Collomb qui a privé de parole David Kimelfeld, des élus lyonnais réagissent. Étienne Blanc dénonce «  une humiliation  ». Le président de la métropole revient, lui, sur cet épisode avec plus de légèreté.
Gérard Collomb et David Kimelfeld au conseil de la métropole, le 10 juillet 2017 © Tim Douet
Mardi soir, lors des vœux au 6e arrondissement, Gérard Collomb, le maire de Lyon, s'est opposé à ce que David Kimelfeld, président de la métropole, prenne la parole, sous les yeux médusés de l'hôte de la soirée, Pascal Blache, le maire du 6e. À son arrivée, Gérard Collomb avait été hué par le petit millier de participants à cette soirée.
Les baraques des Gilets jaunes disparaissent peu à peu des ronds-points de la région. Dans l’agglomération lyonnaise, celui de Feyzin est parti en fumée mercredi. Jeudi, dans le nord de l’Isère, une zone où le mouvement était très actif, le dernier rond-point occupé, celui de Bourgoin-Jallieu, a été évacué. Dans le calme.
Campement de Gilets jaunes à Feyzin / Jean Viard © Tim Douet / Anne-Christine Poujoulat (AFP) [montage LC]
Entretien avec Jean Viard, sociologue, directeur de recherches au CNRS et au Cevipof – Pour lui, les Gilets jaunes mettent en avant une fracture plus territoriale qu’économique, entre une France métropolitaine et une France plus rurale où la voiture joue un rôle central, ce mouvement spontané illustrant les frictions liées au basculement de la révolution industrielle vers celle du numérique. Ce proche d’Emmanuel Macron (il a été candidat LREM aux législatives) pose aussi un regard très critique sur la politique trop technocratique du Gouvernement.
Manifestation de Gilets jaunes devant l’hôtel de région, à Lyon, le 7 décembre © Tim Douet
Politiquement et paradoxalement, La République en Marche espère sortir gagnante d’une crise qu’elle a mal gérée et qui a montré ses limites. Une transformation politique du mouvement des Gilets jaunes pourrait déboucher sur une balkanisation supplémentaire des oppositions à Emmanuel Macron.
Gilets jaunes sur un rond-point à Feyzin (Rhône), le 17 décembre 2018 © Tim Douet
La France qui souffre s’est donné rendez-vous en ce début d’hiver sur les ronds-points. De la taxe carbone, les Gilets jaunes ont bifurqué vers le pouvoir d’achat et une crise de la représentation démocratique, exprimant un mal-être de classe pas toujours canalisé. Lyon Capitale est allé à la rencontre de ces travailleurs, retraités, chômeurs ou invalides qui ont exprimé une colère sourde.
Lyon, 7 décembre 2018 – Gilets jaunes à l’hôtel de région © Tim Douet
Les Gilets jaunes sont devenus le cauchemar de La République en Marche. Cette fronde les a marqués au fer rouge, ou plutôt jaune. Les prochaines élections, surtout les européennes, sont d’ores et déjà considérées comme perdues. La résignation gagne même les rangs des “marcheurs” quant à une possible dissolution de l’Assemblée nationale. Les autres partis s’en réjouissent. Finalement, seul Laurent Wauquiez a trouvé les moyens de se prendre les pieds dans le tapis jaune.
David Kimelfeld, lors de son élection à la présidence de la métropole – Grand Lyon, juillet 2017 © Tim Douet
À la tête de la métropole depuis dix-huit mois, David Kimelfeld accélère le rééquilibrage entre ses compétences urbaines (héritées du Grand Lyon) et sociales (récupérées du département). L’outil créé en 2015 commence selon lui à montrer les premiers signes de sa pertinence. Mais il demande aussi du temps. En creux, David Kimelfeld dresse l’inventaire de la patte qu’il a apportée à cette collectivité depuis qu’il a succédé à Gérard Collomb.
Grand Lyon – Conseil métropolitain © Tim Douet
Collectivité pionnière, la métropole de Lyon n’a toujours pas été dupliquée en France. Localement, son bilan est contrasté. Après des mois à patiner, elle semble tenir sa feuille de route et avoir enfin intégré le virage social imposé par les compétences héritées du département, mais elle a perdu au passage de sa superbe financière.
Nathalie Perrin-Gilbert au conseil municipal, le 19 novembre 2018 © Tim Douet
En 2020, Nathalie Perrin-Gilbert portera les couleurs de La France Insoumise. Après avoir conquis le 1er arrondissement en 2014, elle lorgne désormais sur la ville entière. En s’appuyant sur les Insoumis et sur des citoyens engagés associativement, elle se fixe l’objectif de “déconfisquer” une ville qui appartient aujourd’hui, dit-elle, à Gérard Collomb et à une “oligarchie politique et économique”. Entretien.

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