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Urbanisme : l’espace public face au coronavirus

Que peut changer cette crise sanitaire sur les réflexions qui visent à mieux faire interagir les habitants dans l’espace public et, plus globalement, de produire la ville ? À quoi peut ressembler le Lyon d’après ?

C’est le nouveau mot à la mode : “urbanisme tactique”. En aussi peu de temps qu’il faut pour le “hashtaguer” sur les réseaux sociaux – la formule est désormais trending topic sur Twitter – ou l’écrire dans les médias, le modèle est devenu, à l’aune du coronavirus, la solution magique pour créer la ville, l’alpha et l’oméga de l’urbanisme post-confinement. Concrètement, à Lyon, cet urbanisme tactique s’est traduit, en concertation avec le monde associatif, par des plots et quelques coups de peinture pops et colorés bricolés à la hâte sur la chaussée. Le tout porté par une communication massive des élus. Non sans créer une certaine pagaille en ville et l’incompréhension, si ce n’est la colère de certains usagers. “L’idée, c’est de savoir comment (...) on organise nos mobilités sur l’ensemble de la métropole. On sait qu’on va devoir respecter un certain nombre de choses, notamment les gestes barrières, la distanciation”, témoigne David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon. La méthode permet ainsi de répondre à une urgence.

Branding et petits pansements

“Il s’agit d’une nouvelle attention portée aux espaces publics et à ses appropriations citoyennes en temps de crise et d’austérité budgétaire. Ainsi, les institutions elles-mêmes s’approprient ce vocabulaire afin de mieux mettre en scène leurs actions. L’urbanisme tactique est donc devenu un élément essentiel d’un urbanisme mainstream, celui d’une ville néolibérale qui se doit d’être créative et participative”, écrivent Nicolas Douay et Maryvonne Prévot, professeurs d’urbanisme à l’université Grenoble Alpes et Lille (1). “Il y a un côté branding de la ville, abonde Jérémy Cheval, post-doctorant en architecture à l’École urbaine de Lyon. Ce ne sont pas de petits pansements qui vont faire une vraie politique urbaine.” Mais d’admettre qu’un “changement de modèle” est nécessaire.Car si, de tous temps, les épidémies ont laissé leur empreinte sur les villes, le coronavirus ne dérogeant pas à la règle, “la ville productiviste se trouve aujourd’hui ébranlée par cette crise sanitaire”, considère le philosophe et urbaniste Thierry Paquot loin d’être un partisan béat de la smart city et de l’urbanisme tactique.

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