Police et manifestants
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Une marche non-autorisée pour dénoncer les violences policières à Lyon

Une marche non-autorisée par la préfecture a été organisée ce samedi après-midi à Lyon. 120 personnes ont manifesté dans les rues de la ville pour dénoncer les violences policières anciennes et récentes.

Les manifestants ont occupé la place place Stalingrad

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Les manifestants ont occupé la place place Stalingrad

"Zyed, Bouna, Théo et Adama". Quatre prénoms scandés dans les rues du 7e arrondissement de Lyon ce samedi après-midi. Des sons qui résonnent et qui ont quelque peu semé la discorde entre manifestants et forces de l'ordre. Plus d'une centaine de jeunes indignés s'étaient auparavant donné rendez-vous sur la place Gabriel-Péri, à la sortie de la station de métro Guillotière. L'événement avait fait bruit sur Facebook, avant d'être supprimé peu avant le début de la "marche noire". Consigne était donnée de venir habillé en noir pour demander la "justice pour Théo", en référence au jeune homme de 22 ans interpellé très brutalement par la police le 2 février à Aulnay-sous-Bois. Une violence policière pour le moment impunie, et qui rappelle l'affaire Adama Traoré et celle plus ancienne de Zyed et Bouna, qui avait enflammé Clichy-sous-Bois en 2005.

"C'est une manifestation accidentelle"

Le rassemblement n'avait pas été déposé à la préfecture, comme l'exige la loi. "C'est une manifestation accidentelle" ironise un militant, faisant référence aux accusations de viol "accidentel" avec une matraque selon les policiers qui ont interpellé Théo. Une marche dont on a du mal à identifier les leaders et les organisateurs, même si elle a été relayée par le site d'information alternatif Rebellyon, très proche des mouvances d'extrême gauche. 200 policiers étaient mobilisés pour cette manifestation spontanée.

Les manifestants ont emprunté la grande rue de la Guillotière

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Les manifestants ont emprunté la grande rue de la Guillotière

Pendant une demie-heure, le groupe circule sur un itinéraire improvisé, mené par des slogans assez agressifs envers les forces de l'ordre : "La police mutile, la police assassine", "Assassins, violeurs, on n'oublie pas, on pardonne pas", "Pas de justice, pas de paix". Référence est également faite au terme "bamboula", dans l'actualité après avoir été jugé convenable par un représentant syndical de la police. Une horde qui provoque l'interrogation des passants : "C'est en soutien des délinquants multi-récidivistes parfois violentés par la police" répond un policier. Deux camps, deux points de vue...

Une manifestation demain à Vénissieux

Après avoir emprunté la grande rue de la Guillotière, les manifestants établissent résidence sur la place Stalingrad, au croisement de la rue Garibaldi. Un assiègement de l'aire de jeu qui permet aux nombreux policiers d'encercler le groupe, dégarni de quelques membres en cours de route. Un début de dialogue ne suffit pas à apaiser les tensions, même si aucune échauffourée n'est à constater. Au bout d'une heure, les membres du cortège partent au compte-goutte. Certains d'entre eux seront certainement présents demain après-midi pour la manifestation cette fois-ci autorisée à Vénissieux, devant le collège Elsa-Triolet.

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Les enseignants syndiqués du lycée Jacques Brel de Vénissieux critiquent sévèrement l'intervention policière du jeudi 6 décembre, au cours de laquelle un élève a été gravement blessé par un projectile lancé par les forces de l'ordre. Ils pointent une utilisation disproportionnée de la force.
1 commentaire
  1. Kasneh - 12 février 2017

    Ne semble t-Il pas que beaucoup ont oublié la tentative de meurtres sur 2 policiers brulés, dont une femme, à Vitry-Chatillon en otobre 2016 ?

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