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Un Plan Froid qui ne colle pas à la réalité

Le 20 octobre dernier, Jean-François Carenco (préfet de la région Rhône-Alpes) présentait le dispositif d’hébergement hivernal qui ouvre 1 550 places supplémentaires, s’ajoutant aux 3 230 places permanentes. La Ligue des droits de l’homme condamne cette “gestion au thermomètre”, de ce plan froid qui n’intervient que durant une période déterminée dans l’année.

Les chiffres annoncés par la préfecture sont loin de pallier la situation du terrain. La fédération du Rhône de la Ligue des droits de l’homme estime que "2 000 personnes" dorment dans la rue chaque soir et qu’il n’y aura donc pas assez de places pour les héberger cet hiver.

Les demandeurs d’asile, les personnes en situation irrégulière et les Roms sont les trois catégories concernées par le renfort des capacités d’accueil définies par le préfet. Un constat qui "pourrait laisser penser que ces étrangers coûtent très cher à notre pays", selon la Ligue, puisqu’ils semblent être les seuls à bénéficier de ce dispositif. Pour la Ligue des droits de l’homme, cette catégorisation exclut d’emblée les nombreux travailleurs sans emploi stable, qui n’ont pas accès à un logement et font appel au "dispositif d’aide sociale, pour ne pas dormir dans la rue".

Pour un droit au logement toute l’année

En dehors du Plan Froid, des solutions existent. Depuis 2007, la loi Dalo (droit au logement opposable) doit permettre aux personnes sans domicile, vivant dans une structure d’hébergement ou dans un logement jugé inadapté, de déposer un recours devant le tribunal administratif. Si le cas est jugé prioritaire, le Gouvernement est dans l’obligation de loger ces personnes.

La Ligue des droits de l’homme affirme que "74,2 % des demandeurs reconnus prioritaires Dalo sont en attente de solution". La Ligue souhaitait donc rappeler que cette mesure phare du ministère chargé du logement n’a pas atteint les objectifs fixés au départ. Un constat qui nie le droit à "toute personne en situation de détresse médicale, psychique et sociale l’accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence [en] cet automne 2014".

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