Station de métro Foch (FD)

Transports en commun : Lyon est-il accessible à tous ?

Alors que l’association APF France handicap a manifesté mercredi 26 septembre à Paris pour dénoncer le manque d’accessibilité dans le métro parisien, où en est le Sytral sur l’aménagement des transports en commun lyonnais ?

Des dizaines de personnes en fauteuil roulant ont manifesté hier, mercredi 26 septembre, pour dénoncer l’inaccessibilité du réseau de métro à Paris. Sur plus de 300 stations que compte la capitale, seulement neuf, toutes sur la ligne 14, sont adaptées aux personnes à mobilité réduite.

A Lyon, la réalité est différente. Le réseau de transport en commun bénéficie chaque année d’améliorations et est jugé « plutôt bon » par le Collectif des Associations du Rhône Pour l’Accessibilité (Carpa). Ainsi, hormis à Croix-Paquet en raison de la configuration des lieux, toutes les stations de métro bénéficient d’un ascenseur et de sas à double portillon pour se rendre sur les quais. Le point noir réside dans l’absence de seuils rétractables sur les rames des métros A et B pour faciliter l’accès des personnes à mobilité réduite. Actuellement, quatre rames de ces deux lignes ont été équipées de ces dispositifs afin de réaliser des tests de performance, mais seule la ligne D en est entièrement pourvue. Le remplacement progressif des rames de la ligne de métro B à partir de 2020 permettra de rendre la ligne entièrement accessible au plus tard à l’horizon 2023, promet le Sytral. « Ça reste le gros souci sur les transports en communs lyonnais », souligne Eric Benon, président du Carpa. Malgré cela, le réseau de métro reste plutôt satisfaisant.

Des investissements conséquents

Du côté du réseau de bus, 70 % des arrêts sont aménagés par une surélévation des trottoirs de 21 centimètres, l’installation de rampe d’accès, l’amélioration de la signalétique. Cela représente un investissement de trois millions d’euros de la part du Sytral pour l’année 2018. Et depuis 2008, le budget pour rendre le réseau de transport en commun accessible s’élève à 100 millions d’euros. Olivier Malecki, correspondant pour l’antenne lyonnaise du Comité pour le Droit au Travail des Handicapés et l'Égalité des Droits (CDTHED), soulève cependant un manque de barrière de sécurité pour les arrêts de bus se trouvant au milieu des voies.

Quant aux tramways, qui sont 100 % accessibles, la ligne T3 est dotée de bandes d’éveil à la vigilance sur 17 traversées, pour la sécurité des personnes mal ou non voyantes. Un dispositif qu’Olivier Malecki aimerait voir appliqué à toutes les lignes.

Aller plus loin que la réglementation

Eric Benon du Carpa estime que dans une dizaine d’années, l’ensemble du réseau de transports en commun sera « bon réglementairement ». Mais il espère aussi que des dispositions supplémentaires seront prises comme la mise en place de balises sonores dans les stations afin d’indiquer les entrées et sorties, d’une signalétique spécifique et adaptée pour les personnes en situation de handicap mental ou psychique, des contrastes de couleur pour les personnes mal voyantes etc. Car l’accessibilité ne se limite pas à une forme de handicap.

Régulièrement, les membres du Carpa, qui représentent eux-mêmes l’ensemble des associations adhérentes à cette structure unique en France, rencontrent les correspondants du Sytral et de Kéolis pour travailler sur ces questions. Sur le terrain, ils constituent des relais utiles pour relever des problèmes. « Nous bénéficions d’un réseau associatif actif qui les signale aux référents, confirme le président de Carpa. On parle de petites choses d’ordre technologique. » Il faut souligner qu’en décembre 2017, la Commission européenne a remis à Lyon l'Access City Award, 1er Prix 2018 des villes les plus accessibles, pour sa politique d’accès à la vie urbaine pour tous.

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut