Stress : les nouvelles pathologies

Or le stress est aussi responsable de deux maladies en plein "essor" : les TMS et les dépressions "réactionnelles". (Article paru dans le numéro d'avril de Lyon Capitale)

1. Les troubles musculo-squelettiques (TMS)
Syndromes du canal carpien, ténosynovites, tendinites... derrières ces appellations parfois barbares se cachent les plus répandues des maladies professionnelles (65 % de l'ensemble), en augmentation de 20 % par an, depuis le début des années 90.

En clair, il s'agit d'une véritable explosion de troubles, identifiés dès le XIXème siècle, qui regroupent la plupart des maladies affectant les muscles, les tendons et les nerfs. D'une douleur ou d'une gêne, le problème peut devenir handicapant (d'où la reconnaissance comme maladie professionnelle) si la personne n'est pas rapidement mise au repos.

Ces TMS apparaissent lorsque le travail implique des gestes répétitifs dans un contexte difficile (manque de soutien social, manque de reconnaissance et forte pression).

Ils ne concernent donc pas que les ouvriers à la chaîne mais tout le monde, notamment ceux qui travaillent sur écrans. Ces travailleurs sont guettés par le fameux syndrome du canal carpien qui résulte notamment de la manipulation de la souris de l'ordinateur. Le poignet et les doigts en tension permanente compriment le nerf médian du canal carpien, situé sous le poignet. Plus ou moins douloureux, cela peut se terminer par une intervention chirurgicale si les doigts se paralysent.

2. La dépression réactionnelle professionnelle
C'est la pathologie mentale la plus répandue dans le travail. Le médecin du travail Dominique Huez, qui se bat depuis une dizaine d'années pour la voir reconnaître comme maladie professionnelle à part entière, la définit comme une dépression en lien avec les contraintes organisationnelles et sociales du travail. "Cette réaction dépressive est déclenchée par des événements qui engagent le rapport au travail et demeurent en partie impensables, n'ayant pu faire l'objet d'une délibération collective". L'élucidation par la personne des causes de sa souffrance ne suffit pas toujours à la guérison et ne se substitue donc pas forcément aux soins (antidépresseurs), surtout si la décompensation est importante.

Les symptômes : dévalorisation de soi, manque de confiance, grande anxiété, fatigue permanente et perte d'intérêt de tout.

Le travail, c'est la santé !

Pour le médecin Philippe Davezies, la santé va dans le sens du développement du "pouvoir d'agir" : "Plus j'augmente ma capacité d'agir sur le monde, plus je développe ma santé. C'est pour cela que je vais chercher à ce que le travail me ressemble et ne soit pas totalement imposé. Dès qu'il y a une situation trop contraignante pour développer le pouvoir d'agir, on voit apparaître des risques de pathologies. L'énergie qui ne peut s'exprimer dans un mouvement en avant se retourne contre moi-même et va perturber mon fonctionnement physique et psychique. Le désengagement comme le déni des problèmes ne sont donc pas des solutions aux problèmes de la souffrance au travail".

Repères : Une étude inquiétante

Jusqu'à l'enquête de référence Samotrace de l'Institut National de Veille Sanitaire (INVS), les phénomènes de souffrance au travail étaient difficilement quantifiables. La publication du premier volet de l'étude menée sur 6 000 travailleurs entre 2006 et 2008 dans les régions Centre, Pays de la Loire et Poitou-Charentes, précise un certain nombre de constats dressés depuis plusieurs années par les médecins du travail et les organismes de santé.
8 % des salariés déclarent consommer des psychotropes
24 % des hommes avouent être en détresse psychique
37 % des femmes avouent être en détresse psychique
13 % estiment travailler d'une façon qui heurte leur conscience professionnelle
Les secteurs les plus concernés sont :
- production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau
- l'administration publique
- les activités financières
- les services collectifs, sociaux et personnels
Une personne sur trois sera concernée au cours de sa vie par un trouble psy.

Selon le rapport Piel-Roelandt, "de la psychiatrie vers la santé mentale", remis au ministère de la Santé en 2001.

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