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©Tim Douet

Sécurité, narcotrafics : Gérard Collomb “à la reconquête” de Grenoble

Le ministre de l'Intérieur était en déplacement, ce vendredi, dans l'Isère. Une visite très attendue par les élus et les policiers, qu'il a parachevée à Grenoble, ville “gangrenée par la grande violence et les narcotrafics”.

“Ici [à Grenoble], la délinquance et le crime ont changé d’échelle. Ils s’organisent à l’échelle internationale, financés par des réseaux mafieux de très grande envergure ; ils se structurent sur le territoire autour d’un certain nombre de caïds, et tout en bas il y a ces jeunes, hélas dévoyés, qui font les guetteurs (...). Cela doit changer.” Dans un discours sur la sécurité particulièrement écouté et très applaudi, ce vendredi, à l'hôtel de police de Grenoble, devant tout ce que la ville compte d'élus, de gendarmes, de policiers et de représentants de l'autorité judiciaire, le ministre de l'Intérieur a promis d’“entamer la reconquête” de certains quartiers grenoblois où “ce n’est plus l’ordre républicain mais celui des bandes, des narcotrafiquants”.

Il y a un an, le procureur de la République de Grenoble était sorti de ses gonds, soutenant n'avoir “jamais vu une ville de cette taille aussi pourrie et gangrenée par le trafic de drogue”. Cet été, le syndicat Alliance Police nationale en remettait une couche en qualifiant Grenoble de “Chicago français” (dans les années 1980, on lui donnait déjà ce surnom, époque où le milieu italo-grenoblois régnait en maître sur le trafic de drogue, la prostitution, etc.).

“Faire bloc” contre les narcotrafiquants

La visite de Gérard Collomb était donc très attendue, particulièrement après l'été meurtrier qu'a connu l'agglomération. Trois engagements ont été annoncés :

– l'affectation de 20 policiers sortis de l'école de police, d'ici à la fin de l'année

– le renforcement de l'antenne de police judiciaire de Grenoble, dès le printemps prochain

– et la mobilisation plus fréquente des CRS dans les cités difficiles, en appui des policiers affectés à la sécurité publique.

Au total, Gérard Collomb a annoncé la création de 35 postes de policiers “a minima” et “en effectifs nets”, dans les mois à venir, qui viendront combler le déficit actuel de trente-trois gardiens de la paix.

“Ici [à Grenoble], les atteintes à l’intégrité physique des personnes s’élèvent à 12 pour 1 000 habitants contre 6 au niveau national et 8,5 pour la seule zone placée sous la compétence de la Police nationale. Malgré une diminution de 6 % sur les huit premiers mois de l’année, les atteintes aux biens s’établissent pour leur part à 50 pour 1 000 habitants, contre seulement 20 au niveau national et 28 pour la zone placée sous la compétence de la Police nationale. Quant aux règlements de comptes sur fond d’affrontements entre territoires et de trafic de stupéfiants, bien qu’en baisse cette année (4 homicides ou tentatives contre 10 en 2016 et 15 en 2015), ils demeurent évidemment à un niveau beaucoup trop élevé”, a déclaré le ministre de l’Intérieur.

Après avoir rappelé que la sécurité était une “coproduction” des forces de sécurité nationales et locales, Gérard Collomb a appelé à “faire bloc” contre cette délinquance à la tête d'une “économie souterraine où se conjuguent trafics de stupéfiants, trafic de faux papiers, proxénétisme, trafic d’armes, vols et recels [et] blanchiment d’argent”. En fin de discours, le ministre de l'Intérieur a promis l'installation de 4 000 caméras-piétons, qui équiperont en priorité “les quartiers de reconquête républicaine” (72 caméras pour 163 000 habitants, actuellement), n’en déplaise au maire (EELV) de Grenoble, Éric Piolle.

1 commentaire
  1. Marc Antoine - 29 septembre 2018

    Comme se commerçant qui se plaignait de l'état de sa rue, un proche lui a répondu: ce n'est pas ta rue qui a changé, mais la France !

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