Scénario sur 4 jours de la réforme des rythmes scolaires
© ville de Lyon

Rythmes scolaires : Lyon ne tranche pas et propose deux scénarios

Fidèle au “et en même temps” macronien, la municipalité propose deux scénarios pour les rythmes scolaires dans les écoles lyonnaises : conserver la semaine de 4,5 jours en vigueur, ou revenir à 4 jours. Un vote aura lieu jusqu’au 6 février dans les conseils d’école pour déterminer quels seront les rythmes adoptés dans les années à venir.

Tableau d’activités périscolaires dans une école primaire lyonnaise © Tim Douet

© Tim Douet

Après la consultation, façon cahier de doléances, lancée en octobre par la Ville de Lyon pour recueillir les avis sur les rythmes scolaires, Guy Corazzol, l’adjoint au maire chargé de l’éducation, et Jérôme Maleski, l’adjoint délégué à la démocratie locale et à la participation citoyenne, ont présenté ce mardi les résultats de l’enquête. Grâce aux 1 936 contributions numériques et aux réunions publiques organisées dans les neuf arrondissements, la municipalité propose deux options aux 167 conseils d’école. La première porte une semaine de quatre jours et demi comme c’est le cas actuellement, avec cinq matinées de 3 heures (8h30-11h30), trois après-midi de 3 heures (13h45-16h45) et le vendredi après-midi consacré aux activités périscolaires. Le second scénario consiste à revenir à la semaine de quatre jours avec quatre matinées de 3h30 (8h30-12h) et quatre après-midi de 2h30 (14h15-16h45), des activités équivalentes au vendredi après-midi du premier scénario étant proposées le mercredi matin.

Scénario sur 4,5 jours de la réforme des rythmes scolaires

© ville de Lyon
Scénario sur 4,5 jours de la réforme des rythmes scolaires

Les mercredis de Lyon conservés dans un seul scénario

Aucune de ces deux hypothèses ne respecte donc l’esprit originel de la réforme des rythmes scolaires, qui prévoyait quatre jours et demi d’école avec les activités périscolaires lissées sur les lundis, mardis, jeudis et vendredis après-midi. Dans le dispositif actuel, où les activités périscolaires sont concentrées le vendredi après-midi, seuls 55 % des élèves lyonnais y sont inscrits. Dans le premier scénario, la Ville proposerait des activités dans le cadre des Mercredis de Lyon (Mely). Avant ces activités, les enfants pourraient même déjeuner à l’école – en apportant leur repas. Ces activités ne figurent pas dans le deuxième scénario, car cela serait “trop coûteux pour la ville” et “les parents préféraient se tourner vers des associations externes, qu’elles soient culturelles, sportives ou autres”, s’est justifié Guy Corrazol. L’adjoint à l’éducation n’a pas expliqué pourquoi cela reviendrait plus cher de le conserver dans un cas et pas dans l’autre.

La garderie gratuite du soir transformée en accueil de loisir payant

Scénario sur 4 jours de la réforme des rythmes scolaires

© ville de Lyon
Scénario sur 4 jours de la réforme des rythmes scolaires

Dans les deux scénarios envisagés, la Ville met en avant “un temps d’apprentissage renforcé le matin, une pause méridienne élargie de 2h15 en accueil de loisir, des garderies gratuites généralisées à toutes les écoles le matin d’une demi-heure, une harmonisation de la programmation des activités périscolaires et une offre périscolaire du soir étendue jusqu’à 18h30”. Des tarifications sociales en fonction du quotient familial seront proposées pour le temps d’accueil périscolaire du soir qui remplacera la garderie de 16h30 à 17h45, laquelle était jusque-là gratuite. Un choix assumé par Guy Corrazol : “Le nombre d’encadrants va passer de un pour 25 enfants à un pour 15. Une offre de qualité demande une tarification. Dans l’ensemble, les enfants sont à 87 % satisfaits des activités proposées. Certains parents trouvent ça trop cher par rapport à la qualité proposée, mais c’est qu’ils ne savent pas toujours ce qui y est fait.” L’adjoint au maire a assuré que la qualité des activités serait “harmonisée sur tous les établissements dans les prochaines années. Cela ne se fait pas en un an, mais nous allons utiliser les outils en notre possession pour améliorer les choses”.

Un mode de consultation qui va être “réutilisé”

Pour arriver à ces deux propositions, la Ville de Lyon s’est appuyée sur la consultation organisée sur Internet et sur les échanges avec les différentes personnes lors des réunions. “C’est la première fois en France qu’il y a une consultation numérique comme celle-là, s’est félicité Jérôme Maleski. Les échanges ont été très sereins, parce que l’on n’a pas donné de décision arrêtée avant de débattre. Du coup, les discussions et les gens ne sont pas arrivés clivés, mais sont venus avec la volonté de faire entendre leur point de vue.” Ce mode de consultation a vocation à être “réutilisé”, a-t-il confié : “Ce n’est pas un coup d’une fois ; ça a très bien fonctionné et ce mode de fonctionnement au plus près des Lyonnais va être à nouveau utilisé. Ça semblait casse-gueule au début, mais c’est un vrai succès.” Dans le détail, 58 % des participants ont été des parents d’élèves et 12 % des enseignants. Et 73 % sont des femmes. Concernant les contributions, la municipalité a noté le “besoin de stabilité” demandé par les parents d’élèves. Du côté des enseignants, le maintien de cinq matinées d’apprentissage ferait consensus. Ils imputeraient la fatigue des enfants “plutôt aux habitudes familiales”.

Décision le 7 février

Il appartient désormais aux 167 conseils d’école de voter, entre le 17 janvier et le 6 février. Les résultats seront annoncés le 7 février. L’hypothèse qui emportera la majorité s’appliquera à l’ensemble des établissements. La réforme sera entérinée par le conseil municipal le 26 mars, avant une décision définitive prise par l’inspection académique fin mars. “L’organisation choisie aura vocation à être pérenne. Il s’agira de la nouvelle organisation à Lyon. Ce ne sera plus une phase d’expérimentation”, a conclu Guy Corrazol.

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