Régionales à Lyon : un débat de second tour plus musclé entre Wauquiez, Grébert et Kotarac

À trois jours du second tour des élections régionales, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes organisait le seul et unique débat de l’entre-deux tours entre Andrea Kotarac, Fabienne Grébert et Laurent Wauquiez. Lyon Capitale vous résume ce temps fort démocratique.

C’était le grand moment de la campagne de second tour des élections régionales. Laurent Wauquiez (LR), Fabienne Grébert (EELV) et Andrea Kotarac (RN) avaient rendez-vous dans les studios de France 3 à Grenoble pour le seul et unique débat de l’entre-deux tours. Le premier opus avait été marqué par les passes d’armes entre Najat Vallaud-Belkacem (PS) et Laurent Wauquiez. La candidate socialiste est sortie du jeu en ralliant Fabienne Grébert, mais le débat n’a pas perdu en intensité, rythmé par de nombreuses piques entre les candidats. La tête de liste EELV est apparue moins en retrait que la semaine dernière. Dès le début du débat, elle met les pieds dans le plat en demandant à Laurent Wauquiez s’il sera candidat à la présidentielle de 2022, l’accusant de faire de la région un tremplin à ses ambitions nationales. Régulièrement questionné sur le sujet, le président sortant du conseil régional n’a pas donné suite.

La sécurité encore au coeur du débat

Un sondage Odoxa Backbone-Consulting pour Le Figaro et Franceinfo a révélé ce jeudi que les Français reprochaient, à 60 %, aux candidats de n’avoir pas su les intéresser. Les journalistes de France 3 ont donc demandé aux candidats si, à parler de sécurité qui n’est pas une compétence de la région, ils n’avaient pas perdu les électeurs en chemin. Laurent Wauquiez leur a opposé ses près de 44 % des suffrages dimanche dernier : “la sécurité est la préoccupation principale des habitants de la région. Je n’ai pas l’intention de laisser monter l’incivilité en restant les bras croisés”, assure le favori de ces élections régionales. Andrea Kotarac avant de répondre à la question a appelé les électeurs du RN à se déplacer dans les urnes, pointant un chiffre de 72 % d’abstentionnistes dans son électorat. Il a ensuite rappelé ses mesures phares : création d’un référent sécurité dans chaque lycée et suppression des aides régionales aux délinquants mineurs. Fabienne Grébert, comme lors du premier débat, a assumé de se tenir en retrait sur la question de la sécurité et a adressé une pique à Laurent Wauquiez lorsqu’il déclinait ses propositions : “c’est le programme du ministre de l’Intérieur de Marine Le Pen”. “Le sujet de la sécurité est l’échec de Laurent Wauquiez. Il avait le même programme en 2015 et 160 millions d’euros plus tard, rien n’a changé. Le sentiment d’insécurité n’a jamais été aussi fort et il nous propose de remettre 300 millions, mais pour quels résultats”, a déploré Fabienne Grébert.

Quelle écologie ?

Le débat s’est ensuite arrêté sur l’écologie. Laurent Wauquiez rappelant qu’il veut faire de la qualité de l’air la grande cause de son désormais probable second mandat : “on a travaillé pendant six ans sur la vallée de l’Arve et nous avons prouvé que l’on pouvait améliorer la qualité de l’air”. Le président sortant du conseil régional a lié l’environnement et l’économie : “la première source de l’empreinte carbone, c’est ce que nous importons. Mon premier défi pour les cinq ans c’est de travailler pour relocaliser la production dans notre région au lieu d’importer des produits qui ont fait trois fois le tour de la planète”. “Absolument rien n’a été fait”, tranche Fabienne Grébert. La candidate écologiste a ensuite déroulé son programme : développement de l’agriculture biologique, de la rénovation thermique et des transports en commun. Andrea Kotarac a, lui, détourné le débat sur l’écologie punitive des Verts en évoquant la ZFE comme “une zone de forte exclusion”. Il propose aussi de créer deux filières sur la dépollution des sols et le photovoltaïque.

Lyon-Turin, un point de clivage

Sur la question des transports, la grande compétence de la région, les trois candidats ont trouvé un terrain d’entente sur le RER à la lyonnaise. Laurent Wauquiez a mis en parallèle ce dossier avec son soutien aux petites lignes. Andrea Kotarac s’est positionné contre le Lyon-Turin préférant flécher l’argent investi sur ce dossier sur des petites lignes. Laurent Wauquiez a dénoncé l’opposition “idéologique” de ses rivaux sur ce projet.

La fin de ce débat a été réveillée par le candidat des Républicains qui a tenu à souligner les changements de cap d’Andrea Kotarac (RN) : “il y a quatre ans vous étiez un élu de M. Mélenchon, vous participiez à des défilés pour appeler à plus d’immigration illégale, vous étiez dans la région opposé à tous les plans que nous avons mis en place contre l’insécurité. Vous venez de l’extrême gauche, moi, je n’ai pas changé”. “J’ai toujours combattu l’islamogauchisme et j’ai rendu mon mandat au peuple. Je vois aujourd’hui que l’islamodroitisme est important”, a rétorqué Andrea Kotarac.

Le débat s’est achevé sur la traditionnelle carte blanche laissée aux candidats pour s’adresser aux électeurs. Les trois impétrants, après la forte abstention de dimanche dernier, ont appelé les électeurs à se mobiliser.

Un débat à revoir ici :

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