Najat Vallaud-Belkacem, candidate PS aux régionales © Antoine Merlet

Régionales à Lyon : ce qu’il faut savoir sur Najat Vallaud-Belkacem (PS)

La perspective d’un duel face à Laurent Wauquiez assurait à Najat Vallaud-Belkacem un retour remarqué dans l’arène politique. Mais le poids de l’étiquette PS pourrait la reléguer au second plan de cette élection.

Avec ces régionales, Najat Vallaud-Belkacem opère un retour aux sources. Tout a commencé pour elle à Lyon et au conseil régional. Elle est entrée en politique en 2004 sur les listes de Jean-Jack Queyranne. Son nom avait été soufflé par le couple Collomb. Najat Vallaud-Belkacem sortait alors de Sciences Po Paris où elle avait sympathisé avec Caroline Collomb. À Lyon, elle apparaît comme l’étoile montante du PS. Au conseil régional, elle gravit rapidement les échelons, au gré des remaniements de l’exécutif de Jean-Jack Queyranne, jusqu’à devenir vice-présidente en charge de la culture.

Un destin national

Repérée par Ségolène Royal, elle devient sa porte-parole lors de la campagne présidentielle de 2007. Cinq ans plus tard et alors que son étoile a pâli dans la galaxie Collomb, elle occupe ce même rôle auprès de François Hollande lors de sa campagne présidentielle victorieuse. Najat Vallaud-Belkacem fera partie des rares ministres qui ont été de tous les gouvernements du quinquennat socialiste. D’abord à l’égalité des femmes puis au ministère de l’Éducation nationale. Son parcours et son action vont durablement cliver. Les militants PS l’adorent quand la droite en fait une figure honnie. Lors de la campagne des régionales de 2015, la seule évocation de son nom dans les meetings de Laurent Wauquiez était saluée par une bordée de sifflets.

Politique hors les murs

Après l’échec du PS en 2017, 6 % au premier tour de la présidentielle, la carrière de Najat Vallaud-Belkacem va connaître un coup d’arrêt. À Villeurbanne, sur une circonscription législative hâtivement cataloguée comme à jamais socialiste, elle est défaite par Bruno Bonnell, dont elle recroise la route dans cette campagne des régionales. Malgré cet échec, les rescapés du PS lui proposent la présidence du parti. Najat Vallaud-Belkacem décline. Pour casser son image de professionnelle de la politique, dont la parole s’est démonétisée au gré d’un mandat jalonné de couacs, elle rejoint le secteur privé et l’institut de sondages Ipsos en tant que directrice générale déléguée en charge du département “Études internationales et innovation sociale”. En avril 2020, elle prend la direction française de l’ONG One, fondée par Bono, qui lutte contre l’extrême pauvreté. Elle dirige aussi une collection au sein de la maison d’édition Fayard.

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Après trois ans de politique hors les murs, elle motive son retour par la présence de Laurent Wauquiez. “Elle ne revient pas que pour les élections régionales. Elle va animer le PS dans la métropole et la région où nous souffrons d’un déficit de leadership”, prévient-on dans son entourage. Najat Vallaud-Belkacem jouera aussi un rôle en 2022 aux législatives. Probablement à Villeurbanne où le PS a maintenu ses positions municipales. Une victoire sur Laurent Wauquiez l’aurait propulsée dans la course à la candidature présidentielle au sein d’une gauche en manque d’électeurs comme de candidats. Mais ce scénario semble plus improbable à chaque sondage. Najat Vallaud-Belkacem espérait pousser les écologistes à la rallier sur la base d’une dynamique sondagière. Mais depuis cet automne, toutes les enquêtes d’opinion la placent un point derrière Fabienne Grébert. Les ambitions de l’ancienne ministre de l’Éducation nationale se heurtent à la très lente convalescence du PS alors que les écologistes montent en puissance. Consciente du poids de l’étiquette PS, Najat Vallaud-Belkacem l’a d’ailleurs masquée sur ses documents de campagne et se présente comme la candidate d’un rassemblement d’une dizaine de forces de gauche.

Bio express

Najat Vallaud-Belkacem
44 ans

• Née à Beni Chiker (Maroc)

• Directrice générale française de l’ONG One

• Mandat actuel : aucun

• Anciens mandats :
conseillère régionale (2004-2008), conseillère municipale à Lyon (2008-2013), conseillère régionale (2008-2014),
ministre de l’Éducation nationale (2014-2017).

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