Michèle Vianes ©Tim Douet

Regards de femmes : le numérique au service de l'état civil

À la Métropole de Lyon, ce vendredi 15 juin, l’association Regards de femmes a organisé une journée de sensibilisation et d’information sur l’importance de l’état civil, notamment en Afrique et en Inde. Le lancement officiel de la plateforme www.etatcivil.pw promeut le numérique comme un outil majeur pour diminuer le nombre d’enfants fantômes dans le monde actuel. 

Le féminisme est à l’honneur à la Métropole de Lyon : l’association Regards de femmes, qui fête ses 20 ans, a organisé un colloque international pour sensibiliser et informer les personnes sur l’importance de l’état civil. Cette ONG travaille auprès du Conseil économique et social de l’ONU. Membre du réseau francophone pour l’égalité femmes-hommes (RF-EFH), elle fête cette année les 20 ans de sa création. Michèle Vianès, présidente de l’association, lance cette journée de sensibilisation avec le colloque "Objectifs de la plateforme", entourée de François Noël Buffet, sénateur LR du Rhône et membre du Conseil Administratif de l’Office Français Protection Réfugiés Apatrides (OFPRA) et de Jacques Krabal, député LREM de l’Aisne et secrétaire général de l’Association parlementaire de la Francophonie (APF). Mme Vianès s’exclame : « Grâce aux financements de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie ndlr) cette plateforme présente tout l’arsenal pour les États et pour ne plus avoir d’enfants fantômes, des morts-vivants comme je dis habituellement ». Sans l’état civil, les inscriptions scolaires, le droit au vote, la création d’un passeport, l’embauche, le droit au mariage et à ouvrir un compte en banque ne peuvent être accessibles pour tous les individus sans déclaration de naissance. À l’échelle mondiale, un enfant sur trois n’est pas déclaré à la naissance soit plus de 65 millions d’enfants chaque année dans le monde. «  C’est un fléau gravissime touchant tous les pays en développement ! Les données démographiques sont indispensables pour administrer un pays », explique la présidente. Les discriminations sexistes et les traditions patriarcales sont dénoncées par l’association comme des freins pour les mères souhaitant déclarer la naissance de leurs enfants.

« Une plateforme pour faciliter l’enregistrement universel des naissances »

Au cours de ce colloque, Mme Vianès présente avec enthousiasme la plateforme qui permet d’informer les Etats et les populations de la nécessité de l’obtention de l’état civil, « notamment dans les zones rurales, les zones de conflit ou au sein des minorités ethniques. Toutes les informations utiles y sont pour faciliter l’enregistrement universel des naissances ». Jacques Krabal ajoute que beaucoup d’applications mobiles en langue locale ont été créées pour établir des liens avec les États et les ONG. Le sénateur François Noël Buffet a de son côté rappelé les faits suivants : «  Très majoritairement, les personnes arrivant en France sont non documentées. L’UE et l’UNHCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ndlr) sont engagés auprès de l’OFPRA qui prend en charge les demandeurs d’asile. L’OFPRA a une fonction d’état civil en ce qui concerne les réfugiés ». La coopération est essentielle entre l’État d’origine et l’État d’accueil, notamment pour le cas des mineurs étrangers non documentés : « Un vrai travail de fond avec les pays sources doit être établi pour savoir si ces mineurs ont la nationalité et l’état civil » rajoute Mr Buffet.

Lors de la table ronde sur l’importance de la déclaration des naissances pour réclamer le droit d’exister, Bernadette Bah Kamanan, chargée de mission du cabinet de la ministre de l’Éducation nationale de la République de Côte d’Ivoire, a affirmé que l’innovation électronique est une bonne alternative aux centres d’état civil, qui peuvent représenter un coût important de déplacement pour les populations locales. La dématérialisation des actes de registre d’état civil permet une informatisation et des archivages facilitant l’obtention des états civils, notamment pour les écoliers ivoiriens qui ont fait l’objet d’une mission gouvernementale juste avant de passer leurs examens. Par la suite, des responsables de l’UNICEF, l’OIF, et ONU Femmes ont abordé la question des structures et instruments internationaux pour combattre les préjudices subis par l’absence de documents d’identité. Le colloque s’est terminé par des débats sur les bonnes pratiques pour faciliter la déclaration des naissances et les actions de coopérations décentralisées.

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