Entrepot de réparation du métro B et A sytral © Tim Douet

Quand le métro A de Lyon passe dans un pont

Ce 2 mai, la ligne de métro A fête ses 40 ans. Même si les Lyonnais l'empruntent tous les jours, ils ne se doutent parfois pas de quelques petits détails insolites.

Le 2 mai 1978, la ligne de métro A est mise en service entre la station Perrache et Laurent Bonnevay. Celle qui fête ses 40 ans cette année a bien failli être radicalement différente. En 1963, la présentation de celui de Milan puis la publication du rapport sur “Les transports de personnes dans l’agglomération lyonnaise” marquent le maire, Louis Pradel. Il sera inflexible : Lyon aura son métro. Durant plus de dix ans, les projets et propositions s’enchaînent, flirtant parfois avec la science-fiction, à l’image du projet aérien de Bron. Le métro “en H”, qui devait desservir à lui seul le Vieux-Lyon dans sa longueur, la Presqu’île dans la largeur, puis Villeurbanne et le sud de Lyon, est abandonné. Les aiguillages poseraient trop de problèmes.

Le 1er mai 1973, le casse-tête de son plan enfin résolu – il ira de Perrache à Villeurbanne –, le chantier du métro de Lyon débute. Les travaux défigurent la Presqu’île, sillonnée de tranchées à ciel ouvert. Les commerçants et les riverains sont furieux. Le maire parvient alors à jongler avec les délais pour éviter que les rues ne soient coupées durant les fêtes de fin d’année. Inauguré en 1976, le pont Morand a la particularité d'être creux pour laisser passer à l'intérieur le métro. Contrairement aux idées reçues, la ligne ne passe pas sous le Rhône, mais bien à l'intérieur du pont, sous le tablier. Une petite prouesse technique, mais logique quand on n'y pense, le métro n'amorce aucune descente entre les stations Hôtel de ville et Foch. Malheureusement, Louis Pradel ne verra jamais son métro. Quand celui-ci est inauguré par son successeur Francisque Collomb, en 1978, l'ancien maire de Lyon est mort depuis deux ans.

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