Prostitution : poursuivre les beneficiaires

Acheter des rapports sexuels à un-e mineur-e est un délit, que l'acte ait lieu en France ou à l'étranger. Il est curieux que le Procureur de la République de Lyon n'ait pas fait ce rappel à la loi quand Lyon Capitale (10/07/07) l'a interrogé sur la " prostitution des mineurs à la Guillotière ".

Pour promouvoir la réouverture des bordels, les arguments hypocrites, protection contre la pluie ou le froid, prétexte hygiéniste, réapparaissent. Or les maisons closes permettent de contrôler les prostitué-e-s, objetisées, en grande vulnérabilité, et non les clients.

Considérer la prostitution comme un " travail du sexe" est une atteinte intolérable à la dignité humaine. Le corps n'est pas une marchandise !

C'est ôter la dignité des femmes pour donner une dignité à l'industrie du sexe, aubaine pour les proxénètes et les trafiquants d'êtres humains. Qu'en est-il de la formation, de l'avancement, de l'application du droit du travail, en particulier celui contre le harcèlement sexuel pour les " travailleur-ses " ?

Tant que le " client " sera considéré comme irresponsable, aucune solution ne pourra être efficace. La légalisation du système prostitutionnel a pour corollaire la légitimation des proxénètes comme " industriels du sexe " et des clients comme consommateurs de sexe et surement pas la liberté pour les prostitué-e-s.

La Suède montre, depuis 2001, qu'une réelle insertion des prostituées et la pénalisation des clients entrainent une diminution des violences envers les femmes.

A contrario les pays " réglementaristes " voient un accroissement de ces violences. Le client est roi : ses désirs de rapport sans préservatif, ainsi qu'avec des filles et garçons très jeunes sont satisfaits, en mettant le prix. La traite est amplifiée, proportionnelle aux profits.

Le choix est simple :

Soit soutenir les mafias proxénètes en tolérant le commerce d'êtres humains, soit affirmer que personne n'a le droit d'acheter tout ou partie d'un corps humain.

Et donc pénaliser les clients.

Michèle Vianès,

Présidente de Regards de Femmes

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