Crèche de la ville de Lyon
© Tim Douet

Privatisation des places de crèche : la ville de Lyon rétropédale

Un an après avoir décidé, “à titre expérimental”, de mettre en location 10 % des berceaux des crèches, la ville de Lyon a rétropédalé ce lundi au conseil municipal, en faisant voter l’abandon de la mesure. L’expérimentation, qui devait durer quatre ans, a donc fait pschitt.

La décision d’abandonner la privatisation de 10 % des berceaux des crèches municipales (190 places) a été saluée ce lundi par l'ensemble de l'opposition au conseil municipal de la ville de Lyon. Nathalie Perrin-Gilbert, la maire du 1er arrondissement (Gram), s'est dite "satisfaite" de l’abandon de “cette délibération qui portait atteinte à l'égalité des Lyonnais vis-à-vis du service public". Véronique Bauguil (UDI) a elle aussi fait part de sa satisfaction après s'être interrogée "sur le montage [de l'expérimentation] où la ville de Lyon n’était pas gagnante financièrement". "Sur l'équité, nous avons aussi souligné le manque de transparence de l'accès aux places, notamment pour les entreprises et l'inexistence d'appels d'offres sur le choix des d'entreprises", a-t-elle ajouté. Du côté du parti Les Républicains, Inès de Lavernée a salué une opposition "qui a bien fait son travail et une opposition qui avait vu juste". Même au sein de la majorité, Nicole Gay (Lyon gauche solidaires), l'adjointe chargée de la préservation et du développement du patrimoine immobilier, s'est montrée rassurée par cet abandon d'une mesure qui faisait "entrer le loup dans la garderie".

La crainte d’un revers judiciaire pour la municipalité

Il faut dire qu'après le contrôle de légalité demandé par plusieurs groupes au préfet, ce dernier avait transmis la question au tribunal administratif. Pour tous les groupes d'opposition, c'est bien la crainte d'un revers judiciaire qui a fait reculer la municipalité. "L'échec de l'expérimentation est l’alibi pratique qui cache l'action du préfet devant le tribunal administratif", estime Véronique Bauguil. "La ville n'attend pas un jugement du tribunal administratif qui pourrait lui donner tort. Je retiens cette marche arrière et je m'en félicite", ajoute Nathalie Perrin-Gilbert.

“Tout est bien qui finit bien, on s’arrête là”

Du côté de la municipalité, on se défend de toute peur d'une sanction administrative. "Ce n'est pas la menace du préfet [qui nous a fait reculer], car nous avions des arguments à faire valoir", a répondu Georges Képénékian. Le maire de Lyon s'est aussi expliqué sur le sens initial de cette mesure avortée : "L'idée n'était pas d'imposer ce système à toutes les crèches, mais plutôt d'aller dans des arrondissements où il n'y avait pas la même pression, pour pouvoir aller dans d'autres territoires, car tous les arrondissements ne sont pas concernés par les mêmes problématiques."

“Par ailleurs, durant un an, nous n'avons pas arrêté de construire des crèches et je crois sincèrement que nous aurons dans les années à venir à proposer des moyens nouveaux. L'idée de la recherche et de l'expérimentation doit se poursuivre", a-t-il ajouté, avant de conclure : “Tout est bien qui finit bien, on s'arrête là.”

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1 commentaire
  1. inesP - 26 septembre 2017

    On ne dit pas 'rétropédale', on dit 'vintage gay' !

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