université Lyon 2

Prénom d'usage : combien d'étudiants de Lyon 2 seront-ils concernés ?

La Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) de l’université Lumière Lyon 2 a voté pour la mise en place du prénom d’usage dans les documents pédagogiques et administratifs de l’établissement. Cela pourrait bénéficier à une trentaine de personnes chaque année.

De l’aveu même de Yannick Chevalier, vice-président de l’université Lumière Lyon 2 en charge de l’égalité et de la vie citoyenne, le prénom d’usage a déjà été utilisé dans le passé. Depuis 2016, une dizaine d’étudiants auraient pu en bénéficier. Cependant, il n'existait alors aucun cadre réglementaire et cela se faisait "au cas par cas". La grande majorité des étudiants n'était pas informée de cette possibilité. Avec la mise en place officielle de cette mesure début octobre, n’importe quel étudiant peut désormais demander à faire éditer ses documents administratifs et pédagogiques au prénom qu’il s’est lui-même choisi. Pour Yannick Chevalier, cette disposition facilite la vie scolaire des étudiants concernés. "On veut faire en sorte que la scolarité de chaque étudiant se passe du mieux possible."

Une meilleure intégration

Chaque année, cela pourrait concerner une trentaine d’étudiants, sur les 28000 que compte l’établissement. Une estimation faite par le vice-président, par rapport aux autres universités françaises ayant déjà mis en place le dispositif. "Cela ne concerne que très peu de personnes, mais pour elles, cela fait toute la différence, affirme Yannick Chevalier. Cela fait aussi prendre conscience d’un besoin. On aborde ainsi les questions de diversité et de discrimination par le prisme de l’intégration et non pas uniquement par celui de la sanction."

D’ailleurs, ce dispositif peut concerner différents types de situation. "J’avais une élève, lorsque j’étais professeur, qui venait me voir à chaque début d’année pour que je l’appelle par un autre prénom que le sien, qu’elle jugeait désuet et ridicule à 21 ans. Ces questions ne sont pas propres aux étudiants en réflexion sur leur identité de genre." Même si le prénom de l’état civil doit apparaître au moment de l’inscription et sur le parchemin du diplôme, Yannick Chevalier voit dans cette démarche l’opportunité d’aider à des jeunes en quête d’identité à s'affirmer. "Qu’est-ce qui compte le plus ? Ce n’est pas le moment d’entrée et de sortie de l’établissement, mais bien la période entre. La période où les élèves sont en formation. C’est aussi le moment, après le lycée, où ils se construisent, débutent leur vie d’adulte, s’émancipent de l’autorité parentale. Grâce à cette mesure, il leur sera possible d’apprendre à être eux-mêmes. On leur offre un environnement pour assumer publiquement une autre identité que celle qui leur a été attribuée à l’état civil." 

Par ailleurs, les étudiants qui, dans leur vie future, voudront passer devant un tribunal afin de faire changer leur prénom de manière officielle, pourront s’appuyer sur ces documents pour justifier de l’ancienneté de leur réflexion.

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1 commentaire
  1. dl8 - 24 octobre 2018

    La mesure s'applique-t-elle aussi aux personnels ?

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