Lyon la nuit – La rue de la République © Tim Douet
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Plan Lumière : Et si on éteignait tout ?

Au XXIe siècle, la lumière artificielle nocturne est sortie d’un usage purement fonctionnel pour contribuer à la mise en valeur du patrimoine. Lyon avait pris ce tournant en 1989 avec le plan Lumière de Michel Noir et Henry Chabert. Depuis, la municipalité s’est attachée à éclairer une myriade de bâtiments publics. Allant jusqu’à illuminer un parc fermé au public. Pour le patrimoine architectural, transformé en atout touristique, comme pour les promoteurs du parc privé, il faut être vu, même la nuit, donc briller. Une fuite en avant contreproductive : à trop éclairer, point le risque de ne plus rien distinguer.

Trente ans que Lyon se farde de lumières à la nuit tombée, comme autant de brillants d’une parure urbaine sublimant ses formes. Si bien que les ténèbres ne gagnent plus jamais complètement la ville. Érigée en spécialité lyonnaise – et en atout touristique grâce à la “vitrine” du 8 Décembre – la lumière est partout dans la ville, tout le temps. Elle repousse la nuit. “Si Paris est la ville Lumière, Lyon est la ville des lumières”, a pour habitude de taquiner Thierry Marsick, le directeur de l’éclairage public lyonnais, quand il croise son homologue de la capitale. Né de la volonté de Michel Noir et d’Henry Chabert, qui éclairent rapidement 300 bâtiments – on en est à 370 aujourd’hui –, le plan Lumière a transformé une ville réputée terne et sombre en belle de nuit*. Un plan Lumière qui se veut cohérent sur l’ensemble du territoire. “Il s’appuie à la fois sur la mise en lumière d’un patrimoine remarquable, dont jouit Lyon, mais aussi sur une topographie particulière, faite de trois collines et deux cours d’eau”, explique Thierry Marsick. La quantité de lumière artificielle nocturne a explosé ces trois dernières décennies. Pour la plus grande fierté des Lyonnais. Si quelques révolutions technologiques permettent d’abaisser la consommation énergétique, la luminosité des villes continue de croître. La led a ainsi un effet pervers, souligné par le conseiller métropolitain écologiste Pierre Hémon : “la tendance à se dire que si ça consomme moins on en met plus”. Poussant encore davantage à la consommation.
* Voir notre “Balade nocturne dans la ville lumière”, dans le hors-série Plaisirs d’hiver de Lyon Capitale.

Quatrième colline ou second phare ?

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