Opération promotion des refuges de montagne pour Jean-Jack Queyranne

La chemise reste de rigueur, le pantalon de costard aussi, mais les baskets blanches du président de la région Rhône-Alpes sont de sortie. C'est parti pour... 30 minutes de randonnée aller-retour ! Au-delà de cette marche symbolique dans la somptueuse vallée des glaciers, c'est le refuge des Mottets qui intéresse Jean-Jack Queyranne ce mercredi 11 août. Dans les hauteurs de Bourg-Saint-Maurice à 1800 mètres d'altitude sur le trajet du tour du Mont-Blanc, le refuge doit cette singulière visite à la participation de la région à sa restauration.

C'est que l'on a pas l'habitude de voir débarquer des visiteurs en chemise par ici. Les visiteurs sont plutôt du genre gros sac de rando avec la gourde qui pendouille, bob à larges rebords et grosses chaussures de marche.

L'opération avait déjà été menée l'année dernière à l'occasion de la rénovation du refuge de la Pra, en Isère. Une randonnée physique qui avait marqué les esprits avec mille mètres de dénivelé pour trois heures de marche aller-retour (voir la vidéo). Cette année, le quart d'heure de marche entre le parking et le refuge, arrange tout le monde. Une marche sans péripéties.

15 minutes de marche, deux heures de visite

Le Conseil régional a apporté son soutien financier à la rénovation du refuge des Mottets qui était avant les travaux "le plus détérioré du tour du Mont-Blanc", selon les dires de sa gardienne, Annie Bourgeois. Le Conseil général de Savoie, représenté par Jacqueline Poletti, la conseillère du canton de Bourg-Saint-Maurice, même s'il a financé 50 % du projet (contre 30 % pour la région), n'a pas réussi à voler la vedette à un Jean-Jack Queyranne très à l'aise, y compris au milieu des sous-vêtements des hôtes qui pendaient. Se laissant guider par Annie qui gère le refuge avec sa soeur Angèle, la visite a duré plus de deux heures.

L'élu socialiste n'a pas hésité à mettre les sabots, enfin les baskets dans le plat, en montrant un intérêt tout particulier non seulement pour l'activité du refuge, mais aussi pour les troupeaux de moutons et les marmottes qui peuplent les environs ou encore pour la propreté des sanitaires publics installés sur le parking donnant accès au refuge par le maire de Bourg-Saint-Maurice, Damien Perry (sur la photo ci-dessus).

217 000 euros de subvention de la région

"Le refuge aurait probablement fermé sans ces travaux", affirme le président. Une analyse partagée par Annie qui préfère qu'on la qualifie de gardienne plutôt qu'aubergiste. "A côté des autres refuges, on était vraiment misérable. Côté italien, tous les refuges ont été restaurés avec de l'argent public. Les randonneurs préféraient s'arrêter au refuge Elisabetta en Italie plutôt qu'ici", déclare-t-elle. Avec cet investissement de 723 300 euros, dont 217 000 de la région et 20 % de la poche d’Annie, la gérante espère atteindre les 5 000 visiteurs par an d'ici trois saisons, contre 1100 actuellement, pour une exploitation de trois mois par an. Une ambition qui semble en bonne voie. Le jour de la visite, une trentaine de randonneurs venus de divers pays et ayant trouvé refuge aux Mottets, prennent du bon temps, observant cette curieuse animation.

Pour Annie, "il s'agit de faire valoir une histoire qu'il n'y a pas dans tous les refuges". Ce qui fait aujourd'hui office de refuge était à la base la ferme d'alpage familiale. Créée en 1920 par les grands-parents d'Annie et Angèle, la ferme servait à la transhumance des vaches et à la fabrication de tomes de Beaufort. Cet héritage est fièrement affiché dans la salle du réfectoire dont les murs sont couverts d'objets paysans d'un temps révolu. Dans un coin de la salle, trône fièrement la crémaillère et la marmite dans laquelle le fromage était fait avec le feu "à même le sol". Aujourd'hui c'est Annie et sa soeur Angèle qui tiennent la maison. La relève est assurée avec les filles d'Angèle qui s'affairent déjà aux fourneaux.

Depuis les travaux, le refuge a changé de visage. Les dortoirs aménagés dans les anciennes étables ainsi que les sanitaires ont été refaits à neuf. Le refuge compte même des chambres familiales dont une adaptée aux handicapés. Le tout peut accueillir 90 personnes dans un cadre flambant neuf et très boisé, montagne oblige.

Un atout touristique pour la région

Pour Jean-Jack Queyranne, "l'objectif est de rehausser la qualité des refuges par rapport aux autres pays alpins". La région Rhône-Alpes investit ainsi près de 800 000 euros par an dans l’hébergement touristique. Le refuge des Mottets fait partie des 146 refuges que compte la région Rhône-Alpes, plus de la moitié des refuges français : un potentiel touristique non négligeable. A la question de savoir s'il passerait une nuit dans le refuge des Mottets, Jean-Jack Queyranne est plus évasif qu'affirmatif : "oui, oui, oui, j'ai déjà fait des nuits en refuge, mais pas encore ici".

3 commentaires
  1. jerome manin - 13 août 2010

    Rien à envier au 'Tour de France de Brice Hortefeux'...

  2. Yvan, de Lyon - 13 août 2010

    Sur la forme, vous avez raison monsieur manin !Sur le fond, JJQ, n'est pas dans le même registre ! Hormis les frais générés, pour un très, très court bol d'air salvateur, il s'agit de mettre en avant une dépense publique, utile.Utile, pour la population dans le domaine du sport/loisir et durable matériellement et économiquement. Dépense publique, en cohérence avec les besoins d'un territoire en déclin provisoire.

  3. jerome manin - 13 août 2010

    @Yvan de Lyon. Les verts sont toujours des sous-socialistes serviles, nous souhaitons que ce soit là aussi un déclin provisoire.

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