Nuage de cendres : Lyon Saint Exupéry protégé par le vent

Alors que le volcan islandais eyjafjallajökull redouble d'activité, 1/3 de la France est désormais paradoxalement épargné par le nuage de cendres. Hier soir l'aéroport de Saint-Exupéry a rouvert ses portes, bien que le trafic nécessitera plusieurs jours avant de retrouver son état normal.

Si vous étiez dans les rue de Lyon ce mardi matin, vous avez peut être reçu des cendres sur la tête sans le savoir. La fine pluie qui s'est abattue sur la ville aux alentours d'11h30 était vraisemblablement chargée de particules volcaniques. Ce soir, de nouvelles averses devraient contribuer à faire redescendre sur terre les poussières issues des terres islandaises. Contacté par nos soins en début d'après midi, Benoit Thomé de Météo France est serein sur l'évolution du nuage pour les prochaines vingt quatre heures : « le nuage de cendre au dessus de Lyon n'est plus alimenté par l'éruption. Les cendres présentes depuis le début du phénomène naturel sont en train de se dissiper. Les vents en altitudes réduisent la densité de l'amas de particules, qui se situe désormais entre 3000 et 6000 mètre d'altitude dans une zone au delà de la ligne Lyon Bordeaux ».

Une situation incertaine

Cependant, malgré cette accalmie, le nuage pourrait bien se reformer au dessus de la région. L'anticyclone stationnant au dessus du pays, nous assurera des journées ensoleillées pour mercredi et jeudi. Malheureusement le bonheur des adeptes de farniente risque de faire le malheur des voyageurs en avions. En effet cette situation climatique aura peut être pour conséquence de voir le retour du nuage sur la vallée du Rhône. Tout dépendra des vents en altitude qui resteront les seules forces en mesure de dissiper la menace. Pour le week-end, les prévisions sont plus optimistes, puisqu'un vent Sud-Ouest repoussera le nuage sur le Nord de l'Europe et en particulier vers l'Angleterre.

Des vols tests qui arrivent trop tard

Dimanche 18 avril, à la suite des réunions interministérielles organisées par Jean Louis Borloo, des compagnies aériennes comme Air France ou bien encore Aigle Azur ont pris l'initiative d'effectuer des vols tests pour mesurer l'impact du nuage de cendres volcaniques sur les moteurs d'avion. François Hersen, dirigeant responsable d'Aigle Azur était à bord de l'un d'eux : « Dimanche, en compagnie d'un pilote et du commandant de bord, nous avons effectué un trajet d'1h15 entre Mulhouse et le nord de Lyon. Par la suite, l'appareil a été inspecté en détail : l'extérieur ne présentait aucune trace de poussière tandis que nous avons trouvé des concentrations très faibles dans les moteurs qui aspirent beaucoup d'air. Les avions ont l'habitude de voler dans la pollution voir même des tempêtes de sables. Il n'y a aucun risque pour la sécurité des passagers. A l'issu de ces vols, les autorités ont choisi de permettre à nouveau le trafic dans des couloirs aériens où le nuage est de faible densité  ».

Toujours selon lui le principe de précaution peut paraître excessif, mais n'a pas été inutile : « Il s'agit d'une situation inédite avec des conditions anticycloniques très rares. Faute de dépression, les particules sont restées concentrées au même endroit. La seule critique que je peux émettre serait envers l'autorisation des vols d'essais qui aurait dû être émise dès vendredi. Nous avons perdus des précieux jours pour les voyageurs ». Malgré les tests et les prévisions métrologiques, l'Europe n'est pas à l'abri d'une intensification de l'éruption. Le volcan reste pour l'instant imprévisible.

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