Lyon : une grande ruche pour les abeilles sauvages

Le Grand Lyon a servi d'échantillon à une étude pionnière conduite par l'Inra Avignon. Les chercheurs ont étudié depuis 2010 l'impact de l'urbanisation sur les abeilles sauvages. Ils se félicitent d'en retrouver 291 espèces sur les 900 recensées en France.

Ça bourdonne à Lyon. 291 espèces d'abeilles sauvages entourent les Lyonnais au quotidien, soit près d'un tiers des plus de 900 espèces recensées en France. Dans le cadre du programme européen LIFE Urbanbees, la communauté d'abeilles sauvages a été étudiée sur 24 sites du Grand Lyon, qui est à la fois partenaire et co-financeur du projet. Ce programme, lancé en 2010 pour une durée de 5 ans, est conduit par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) d'Avignon. "Il s'agit d'un projet-pilote mené à Lyon" précise Bernard Veyssière, chercheur au sein de l'institut. On constate que le nombre d'espèces recensées diminue avec un plus fort degré d'urbanisation. Ainsi, on compte prêt de 291 espèces dans les milieux périurbains contre tout de même 60 dans les sites urbanisés. Les chercheurs ont découvert "une richesse considérable même dans les milieux les plus urbanisés".

Les ruches urbaines néfastes pour les abeilles sauvages

Cela prouve que "par une gestion appropriée des espaces verts, on peut maintenir des espèces d'abeilles sauvages en ville" explique le chercheur de l'Inra. Même si l'urbanisation a un effet négatif sur la faune d'insectes, les abeilles sauvages peuvent s’accommoder du milieu urbain : "on y trouve des fleurs toute l'année, une température plus élevée de quelques degrés par rapport aux milieux environnants et une gestion de pesticide de plus en plus raisonnée". Attention cependant, la tendance au retour des ruches urbaines en ville n'est pas une bonne nouvelle pour les abeilles sauvages. Leurs cousines, les abeilles domestiques sont bien plus gourmandes en ressources alimentaires nous apprend le professeur. "Les deux types d'abeilles sont en compétition. Leurs besoins sont presque dix fois supérieurs à ceux des abeilles sauvages et cela risque d'en faire disparaître un certain nombre".

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