Le nouveau restaurant social La Table des Gones.

Lyon : ouverture d'un pôle alimentaire qui prône le "manger bon" pour les plus précaires

Ce mercredi 26 mai, la Ville de Lyon inaugurait son nouveau pôle alimentaire, installé dans le 3e arrondissement, un espace qui doit permettre aux personnes les plus précaires de venir s’alimenter gratuitement, mais aussi de créer du lien social. 

Depuis quelques semaines un pôle alimentaire prend petit à petit ses quartiers dans le 3e arrondissement de Lyon, avec pour mission de permettre aux personnes les plus précaires de manger gratuitement, mais surtout de "manger bon". Organisé autour de trois espaces, un restaurant social, une cuisine solidaire et une épicerie sociale et solidaire, le pôle inauguré ce mercredi par la Ville entend devenir un lieu d’insertion ou les visiteurs pourront tisser des liens. "Avoir accès à l’alimentation c’est essentiel, mais se construire, retrouver une estime de soi, quand elle a été abîmée, c’est fondamental et c’est ce que nous cherchons à faire avec la constitution de ce pôle alimentaire", précise le maire de Lyon Gregory Doucet. 


"Faciliter l’accessibilité à tous à une nourriture de qualité, bio, en circuits courts".

Gautier  Chapuis, conseiller délégué à l’alimentation locale et  la sécurité alimentaire.


Manger bon à la Table des Gones

Alors, concrètement comme cela fonctionne ? Ouvert le midi, le restaurant social « La Table des Gones », anciennement « Dolet », propose gratuitement "à des personnes sans domicile fixe, sans ressource ou bénéficiaires des minima sociaux" un repas. "Il y a toujours beaucoup de personnes ici, les gens mangent sur place ou emportent leur repas. On aime tous manger, donc quand il y a une opportunité de manger chaud, il y a toujours du monde", explique Rodérick, un jeune sans-abri qui vient à la Table des Gones environ "un jour sur deux". C’est également l’occasion pour lui de rencontrer d’autres bénéficiaires et ainsi de créer du lien social.  

Quelque chose que le pôle alimentaire doit permettre de renforcer, notamment en s’appuyant sur la « Cuisine des Gones », un tiers lieu qui a ouvert ses portes à une centaine de mètres du restaurant social. Équipé d’une cuisine professionnelle et d’une salle de restauration, cet espace doit donner la possibilité aux plus précaires d’apprendre à cuisiner tout en s’insérant. 

Grégory Doucet, maire de Lyon, Gautier Chapuis, adjoint à l’alimentation locale et la sécurité alimentaire et Alan, un bénévole de l'association Graille, réunis dans les locaux de la Cuisine des Gones.

Un espace pour nouer des liens autour de la cuisine

À cet égard, l’association Graille, qui prône une "cuisine ambulante anti-gaspi, pour la rue, avec la rue, dans la rue" a pris ses quartiers, trois jours par semaine, dans le bâtiment. Ses adhérents préparent des repas, encadrés par des chefs, à partir d’invendus récupérés dans les épiceries environnantes avant de les distribuer, entre autres, dans des squats de la ville. Mais les plus précaires peuvent aussi venir chercher directement à la « Cuisine » les aliments pour préparer leurs repas. "Ils prennent ce dont ils ont besoin et ils ne repartent pas avec trois sacs, car ils savent qu’ils peuvent revenir", explique Alan, un bénévole de Graille présent ce mercredi. Avant d’ajouter, "à force on crée des liens avec eux. Aujourd’hui par exemple on a deux anciens bénéficiaires qui participent à l’atelier de cuisine". Sur son site, Graille propose différentes formations culinaires, à tous les publics, tournées autour de la cuisine végétarienne de la pâtisserie ou encore de la street-food. 

À la Cuisine des Gones, les plus précaires peuvent aussi venir chercher des provisions.

Une épicerie qui favorisera les circuits courts

D'ici la fin de l'année, une épicerie sociale et solidaire doit venir compléter le restaurant et la cuisine afin de proposer un pôle alimentaire le plus complet possible. Gautier Chapuis, conseiller délégué à l’alimentation locale et la sécurité alimentaire, précise que "l’objectif est de faciliter l’accessibilité à tous à une nourriture de qualité, bio, en circuits courts, tout en reliant les gens autour de la table et des questions d’alimentation".

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